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« Le Fils de Jean » : sublissime !…

Quel beau moment de cinéma !… Sans doute le film le plus subtil de ces dernières années, un film où le silence et les sous-entendus vous susurrent des mots aussi sûrement que de longs discours. La recherche du père est une expérience qui parle à tous. Qu’il soit proche avec souvent des zones d’ombre ou qu’on ne le connaisse pas, le père reste pour chacun une boussole, ou pour ainsi dire un marqueur de l’existence. Le réalisateur Philippe Lioret parle tout en finesse de cette relation au père avec l’histoire de Matthieu, jeune divorcé se découvrant par hasard une famille au Quebec. Le scénario nous embarque alors dans une prise de contact en pointillé où l’enfant naturel est sommé de respecter le premier cercle familial. Le malaise s’instaure petit à petit, lié au silence imposé au jeune Français. Il finit par se sentir étranger à sa famille. Avant de faire une découverte qui va le bouleverser… Continuer la lecture de « Le Fils de Jean » : sublissime !…

Valétudinaire

Le mot fleure bon le temps ancien où la justesse primait sur les périphrases. Valétudinaire veut dire malade, souffreteux, en mauvaise santé. Une santé fragile qui ne se rétablira sans doute jamais. Le mot est tombé en désuétude, hélas, sans doute chassé par l’assurance nouvelle que les maladies se soignent. Mais ce faisant, c’est notre langue qui devient valétudinaire…

« Une vie entre deux océans » : beau, mais sans âme…

« Une vie entre deux océans » est un très beau film. Beau au sens de l’esthétique de l’image. La photo est très travaillée. Quasi envoûtante. Les paysages de mer plongent tout le film dans une réelle ambiance où la dureté des éléments s’ajoute à la solitude, ressentie comme un poids. C’est d’abord un film d’atmosphère. Les jeux d’acteurs sont à l’unisson, avec un Michael Fassbender peu bavard, une Rachel Weisz désespérée et des seconds rôles denses et mutiques. Seule la jeune et mutine Alicia Vikander apporte un éclair de joie et d’humanité dans ce paysage, avant qu’elle ne se fasse rattraper par la mauvaise fortune de l’existence.

Tout cela ferait donc un excellent film, si Continuer la lecture de « Une vie entre deux océans » : beau, mais sans âme…

Une bête de scène !

Dans la vie de tous les jours, c’est une jeune femme discrète. Une prof de chant qui exerce son métier avec légèreté. Avec passion aussi…

Elle est adorée des enfants avec lesquels elle arrive à créer une folle complicité ( « venez les enfants, nous allons faire guili guili à la guitare » ). Les adultes ne l’aiment pas moins, surtout quand elle arrive à extraire en chacun le troubadour qui sommeille, pour faire de ses élèves des sosies d’Abba ou du Big Bazar de Michel Fugain. Elle leur apprend aussi avec une patience évangélique à maîtriser le swahili, le wolof ou le russe le temps d’une chanson. Les vocalises, les exercices de respiration, les petits jeux a capella, tel est le rituel de ses cours de chant. Elle accompagne au piano, donne le « la » des basses, des altos et des sopranos pour un résultat mélodieux qu’elle n’aura de cesse de peaufiner par la suite. C’est une prof douce et souriante, une parfaite et zélée petite ouvrière de la ruche musicale. Un ange, en quelque sorte…

Mais confiez-lui une scène privée pour un concert en petit comité, alors vous assistez à une parfaite transformation. Continuer la lecture de Une bête de scène !

Le cinéma a son héraut ( et son héros )

unknown imagesBertrand Tavernier est un grand cinéaste. Réalisateur du merveilleux « la Vie et Rien d’autre » et du savoureux « Coup de Torchon », ce lyonnais passionné de cinéma depuis l’enfance est une encyclopédie vivante du 7ème Art. Il préside l’Institut Louis Lumière à Lyon, ce qui- en plus de sa filmographie superbe –  lui donne toute légitimité pour parler du cinéma français. Alors quand il lance un documentaire « Voyage à travers le cinéma français », les cinéphiles n’ont d’autres choix que de se précipiter pour communier avec lui autour de leur passion.

Bertrand Tavernier aborde le cinéma au travers de son expérience personnelle. Son premier film, vu à 6 ans, l’a marqué au point de lui imprimer durablement des images en mémoire. C’était un film de Jacques Becker. On commencera donc par Jacques Becker ! Et pendant trois heures et quinze minutes, nous voilà partis pour une immersion totale dans le meilleur de notre cinéma national. Continuer la lecture de Le cinéma a son héraut ( et son héros )

Fantin-Latour : natures mortes et portraits sans vie…

C’est le chantre des fleurs… Le peintre qui a peint le plus de bouquets, pas loin de cinq cents tableaux, sur des toiles qui, pour la plupart, ont pris le chemin de l’Angleterre. Les Anglais adorent les fleurs, c’est bien connu…

Henri Fantin-Latour ( 1836-1904 ) revient nous montrer son jardin par une superbe exposition au Musée du Luxembourg. Elle mérite le détour, assurément. D’abord, parce que ses fleurs sont merveilleuses. Ce n’est pas de l’impressionnisme ( il considérait la chose avec mépris ), mais un classicisme très abouti. On a sous les yeux des fleurs plus vraies que nature. Tout y est : des pensées, des roses, des pivoines, des marguerites… Et ici ou là Continuer la lecture de Fantin-Latour : natures mortes et portraits sans vie…

Assurance-vie : menace sur notre épargne

Séminaire la semaine dernière d’un grand assureur européen. L’occasion d’échanger avec quelques professionnels sur l’environnement des marchés. Le lieu est enchanteur, le temps est au beau fixe et la cuisine raffinée. Mais l’ambiance est tendue. Tout le monde ne parle que d’une chose : l’article 21 Bis du projet de Loi Sapin 2 qui va permettre aux assureurs de suspendre le rachat des contrats d’assurance-vie, plus particulièrement des fonds en Euro, en cas de situation extrême. Chacun s’interroge : n’est-ce pas là les premières gouttes d’un orage qui s’annonce ?

Dans l’assistance, les adeptes des fonds en Euro ne sont pas nombreux. Mais, au fur et à mesure du séminaire, ils vont perdre leurs dernières illusions.

Celui qui sonne la charge est Continuer la lecture de Assurance-vie : menace sur notre épargne

Une boule d’énergie…

Christelle Chollet, retenez ce nom… Chollet comme la ville, mais avec deux « l », les ailes qu’elle a sur scène… C’est une artiste qui a déjà percé avec son précédent spectacle, « L’Empiafée ». Pourtant elle n’a pas encore la notoriété qu’elle mérite car cette Toulousaine de 44 ans est une bête de scène. Une jolie bête de scène…

Il faut la voir chanter, danser, sauter, raconter des histoires, prendre son public à parti, le tout en talons hauts de 10 cm. C’est un enchantement ! On est complètement bluffé par l’énergie que dégage sur scène cette fille qui outre une grande artiste, est une athlète authentique.

J’étais passé à côté de « l’Empiafée », mais Continuer la lecture de Une boule d’énergie…

L’apôtre français du Sage d’Omaha

Le monde de la gestion financière est anglo-saxon. C’est en effet en Grande Bretagne et aux Etats Unis qu’est née dans les années 60-70 une nouvelle forme de religion qui a maintenant dans le monde entier, ses adorateurs et ses prosélytes : la gestion d’actions « Value »…

Il y a eu d’abord le rédacteur du « Nouveau Testament », Benjamin Graham, un économiste anglais qui a posé les bases académiques du stock-picking, autrement dit de « l’art » de bien savoir choisir une action pour gagner de l’argent en bourse. Puis est apparu le prophète, Warren Buffett, un américain plein de bon sens qui a inscrit en lettres d’or les règles pour gagner en bourse. Des règles qu’il s’est appliqué à lui-même car il est aujourd’hui la troisième fortune américaine. Aujourd’hui, le vieux Warren ( surnommé « le Sage d’Omaha » ) est un Dieu, copié, imité et revendiqué par tous dans la profession de la gestion, y compris par ceux qui ne pratiquent pas son concept de gestion « value ».

Mais, n’en déplaise aux très arrogants gérants US, le premier apôtre est français Continuer la lecture de L’apôtre français du Sage d’Omaha

Le Hollandais magnifique

Il s’appelait Harmenszoon van Rijn. Heureusement pour nous, il est rentré dans la postérité par son seul prénom : Rembrandt.

Assurément, le plus célèbre des Hollandais qui fait l’objet d’un véritable culte chez nos amis bataves. C’est aussi un de mes peintres préférés car le « clair obscur » dont il est le maître, trahit à mes yeux le mieux le talent d’un artiste. Maîtriser les jeux d’ombres et de lumière est en peinture, comme en littérature ou dans le cinéma, la clef pour passer du statut de belle oeuvre à celui de chef d’oeuvre.

Le Musée Jacquemard-André a eu la bonne idée de faire une exposition « Rembrandt intime ». Il a fait venir des tableaux du monde entier. Certes, c’était impensable de faire venir à Paris la fameuse « Ronde de nuit » ou la non moins célèbre « leçon d’anatomie ». Mais comme le musée parisien a lui-même dans sa propre collection trois tableaux du maître ( fructueux objets de prêts futurs ), l’exposition a réussi à faire une jolie rétrospective de l’artiste. Courez-y vite, il y a là des tableaux qu’on n’a pas souvent l’occasion de voir. Continuer la lecture de Le Hollandais magnifique

Rastaquouère

Voilà un mot qui n’est plus politiquement correct. Mais il est joliment imagé pour désigner , de manière un peu péjorative, les étrangers riches qui affichent leur argent avec ostentation. De l’argent qui ne peut être que malhonnête. Le mot vient de l’espagnol Rastacuero ( traîne-cuir ), ce qui donne une jolie consonance sud américaine à ce mot. On pense au Rastapopoulos de Tintin. Hélas, depuis que Brésil et Argentine sont dans la mouise, les Rastaquouères ne courent plus les rues.

Ingrid : belle pour l’éternité, et plus encore…

Voulez-vous oublier tous vos soucis et retrouver des émotions passées de la jeunesse ? Allez voir « Les Enchainés » sur grand écran, le film sublime d’Alfred Hitchcock.

Ce film d’espionnage au Brésil avec Ingrid Bergman et Cary Grant est sans doute le film qui révèle le plus la passion du réalisateur anglais pour les actrices. Notamment Ingrid Bergman qui fut sans doute – avant même Grace Kelly – l’actrice préférée du grand Hitchcock.

Ingrid Bergman y est étincelante. Comment ne pas en tomber amoureux ? 34 ans après sa mort, elle continue à ensorceler le spectateur avec un visage d’ange et un sourire espiègle qui ferait fondre la banquise, plus sûrement que toutes les molécules de gaz de l’activité humaine. « Notorious » ( dans sa version originale ) est de ces films qui n’ont pas vieilli. Le jeu de séduction entre les deux acteurs est toujours d’une stupéfiante modernité. Continuer la lecture de Ingrid : belle pour l’éternité, et plus encore…

Macron, le poil à gratter des politiques

La France est un pays bizarre. C’est un des pays où la classe politique est la plus dévalorisée en Europe. La confiance dans les dirigeants en place est très faible, le Président Hollande remportant haut-la-main la palme des présidents les plus impopulaires. Mais Sarkozy est aussi décrié, en particulier dans son propre camp qui massivement ne veut pas de son retour. De manière générale, Droite comme Gauche ne donnent plus confiance. Et beaucoup de Français s’en remettent aux extrêmes.

Mélenchon, un des derniers marxistes du monde occidental bénéficie d’une cote de popularité étonnante à gauche. Quant à Marine le Pen, elle creuse son sillon toujours plus profond dans une société qui se reconnaît dans son langage compréhensible par tous et son programme simpliste de rupture. Cette attirance pour les extrêmes est une insulte à l’histoire de notre pays. Comme si une large fraction de nos compatriotes avait perdu la mémoire. Comment peut-on oublier à ce point les enseignements du passé ? Continuer la lecture de Macron, le poil à gratter des politiques

« Frantz » : doux comme la soie…

Quel joli film !… « Frantz » est tout à la fois la douceur, la paix et la sensibilité rassemblées dans un film. Un film intimiste au plus près de son époque qui raconte une très belle histoire de réconciliation entre Français et Allemands, encore sous le choc de la grande boucherie de 14-18. Adrien ( Pierre Niney plus vrai que nature en homme des années 20 ) vient, en effet, en Allemagne se recueillir sur la tombe d’un ami allemand. Il va y trouver Anna ( Paula Béer, étonnante de naturel ) sa fiancée éplorée, et des parents qui n’arrivent pas à se résoudre à la disparition de leur fils. Mais Adrien cache quelque chose, et l’attirance qu’éprouve Anna pour le Français va rendre les choses encore plus difficiles.

François Ozon réalise un petit chef d’oeuvre avec ce film, d’une image épurée, dans un noir et blanc limpide. Continuer la lecture de « Frantz » : doux comme la soie…

Pour redonner le goût d’être Français…

« Le Testament Français », prix Goncourt 1995, est de ces livres qu’on sait d’avance qu’on les aimera. C’est difficile à décrire, une sorte de pressentiment devant la qualité de l’auteur, un Russe écrivant en français et ayant choisi de vivre en France. Un titre également évocateur et plein de promesses; et enfin, un prix Goncourt obtenu chez Mercure de France, maison d’édition peu habituée aux prix littéraires. Un signe imparable que le roman est bon…

Mais il faut être dans de bonnes dispositions pour découvrir « le Testament français ». Il m’a semblé que la période troublée que nous vivons, où la France se cherche et où les Français ne s’aiment plus guère, était un moment opportun. Une quête de ressourcement, peut-être aussi…

Dans ce livre largement autobiographique, Andreï Makine raconte sa grand-mère, Charlotte Continuer la lecture de Pour redonner le goût d’être Français…

L’affaire du siècle résolue ?

Que vaut l’honneur d’une nation ? Très cher, sans doute, mais pour les Etats Unis, le prix est exorbitant… C’est ce qui transparaît d’un reportage passionnant de la chaîne du câble Planète + sur l’assassinat de JF. Kennedy le 22 Novembre 1963.

On croit tout savoir sur cette histoire. Mais ce reportage nous en dit plus. Il s’appuie sur l’excellente contre-enquête de Howard Donahue, reprise après sa mort par Colin McLaren pour nous donner une version totalement nouvelle d’un des événements les plus marquants du siècle passé.

Les deux enquêteurs ont refait l’enquête, en révélant de manière indiscutable l’existence de deux tireurs. Et leur analyse balistique des balles tirées les a amenés au constat que le deuxième tir provenait apparemment de la voiture d’accompagnement des garde-du-corps du Président ( ? ).

La version d’un complot relancée ? Continuer la lecture de L’affaire du siècle résolue ?

Jactance

Le mot est désuet. Mais ce qu’il caractérise, est drôlement d’actualité. La jactance est « l’art » d’être arrogant et de se mettre en avant. Un mal français si l’on en croit les jugements acerbes des étrangers sur notre compte. La jactance se marie avec la vanité et la vantardise. Et tous ceux qui en usent donnent l’impression qu’ils passent le plus clair de leur temps à s’applaudir. Cette population est tellement nombreuse qu’il y a de quoi réhabiliter ce joli mot, vous ne trouvez pas ?