Archives de catégorie : Litterature

AMOUREUX DU JAPON

Les ouvrages de la collection des dictionnaires amoureux ne se valent pas tous. L’exercice est, il est vrai, une gageure. Un dictionnaire, par essence, prétend à l’exhaustivité et à l’universalité. Alors qu’une déclaration d’amour est éminemment personnelle et subjective. Difficile dans ces conditions de trouver le juste tempo qui satisfera d’autres amoureux. Mais dans le cas du Japon, j’ai plongé avec enthousiasme. Ma passion du pays est telle que j’étais sûr d’y trouver le plus petit commun dénominateur des aficionados du pays du Soleil Levant. Bingo !!!… En l’espèce, « le dictionnaire amoureux du Japon » est une encyclopédie, forte de 1266 pages, qui rend compte amoureusement de toute la densité d’un pays.

L’auteur Richard Collasse est un ancien dirigeant de Chanel au Japon. Il parle couramment japonais, a épousé une japonaise et grenouille au Japon depuis plus de cinquante ans. C’était assurément le mieux qualifié pour raconter un pays, d’autant qu’il le connaît bien. Sa passion pour son pays d’accueil va loin. Il connaît sa culture, son histoire, mais aussi ses coutumes et traditions, et peut raconter mille anecdotes de son parcours personnel. D’une certaine façon, il est entré dans l’âme du pays.

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L’AIR était tout en Feu

Après le passionnant « Eté des quatre rois », Camille Pascal s’attaque à un autre sujet historique, la Fronde en 1718 de grands seigneurs contre la régence de Philippe d’Orleans, alors que Louis XV était encore tout jeune. En fait, il s’agit surtout de l’agitation de deux bâtards de Louis XIV, reconnus par le vieux roi vieillissant comme « princes », sous l’influence de leur préceptrice, la dernière favorite, Madame de Maintenon : le duc du Maine ( bossu et boiteux ) et le duc de Toulouse ( le premier ayant épousé une authentique princesse, petite-fille du Grand Condé, la duchesse du Maine ). Des Princes qui se savaient peu légitimes dans un autre règne que celui de leur géniteur, et se sont mis à comploter avec l’Espagne en espérant inverser les ordres de succession, en cas de disparition prématurée du jeune Louis XV.

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La petite histoire des perdants

Dès qu’il est sorti, ce livre m’a parlé… Un livre racontant les soldats perdus, ces soldats qui livrent une dernière bataille, alors qu’ils savent qu’elle est perdue d’avance. Combattants pour l’honneur pour défendre jusqu’au bout une cause – juste ou injuste – ces hommes m’impressionnent. Ils trouvent une résonance très forte chez moi, et flattent mes instincts légitimistes. Ne pas se ranger derrière la masse, ne pas être une girouette qui tourne avec le vent, rester fidèle à un engagement, à une idée, à une lutte jusqu’au sacrifice ultime, il y a là un côté sublime. J’aime cette notion de « dernier carré » qui fait référence aux grognards de la Garde impériale.

Dans différents chapitres parfois inégaux, les deux historiens Buisson et Sévillia nous mènent dans plusieurs récits qui s’égrènent dans les siècles et les géographies. Curieusement, les histoires les plus évidentes comme la garde de Cambronne à Waterloo ou la légion étrangère à Camerone sont juste évoquées. Peut-être est-ce trop connu ou trop consensuel… Mais il y a des récits inattendus comme ce chef indien qui a porté la bannière confédérée bien au-delà de la chute de Lee ; ou encore cet autre chef indien qui a continué à défendre la cause de la France au Canada, après le retrait de celle-ci ; ou aussi ces derniers défenseurs du monde chrétien à l’est à Constantinople et Trebizonde.

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TROIS… dans l’Air du temps

« Sur terre, il y a deux endroits pour se planquer : les cimetières et les refuges ». Entendez-là les refuges pour animaux… Cette phrase de « Trois » fait le lien avec le précédent livre de Valérie Perrin « Changer l’eau des fleurs » qui m’avait passionné. « Trois » au titre moins accrocheur, m’a également moins alpagué. Ce livre très long m’a fait penser au Goncourt de Nicolas Mathieu « Leurs enfants après eux »… 

Un même titre fade, un même récit dense, fourmillant de détails de la vie quotidienne, une même narration qui se traîne, une même histoire d’enfants dans une petite ville de province qui se cherchent et s’ennuient. Sauf que Mathieu avait, en plus, un style éblouissant, ce qui n’est pas le cas de Valérie Perrin. Celle-ci ballote son lecteur dans plusieurs époques. Chaque chapitre donne l’indication de la date, ce qui est primordial pour la compréhension, le lecteur devant à chaque fois réajuster son cerveau à l’intrigue. Ces flash-back incessants ne sont pas apaisants; c’est un kaléidoscope d’écriture qui, très lentement, s’emboite pour former une histoire. Valérie n’est pas la compagne de Claude Lelouch pour rien !… 

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UN Bon parmi les brutes

Quand un grand bonhomme comme Joseph Kessel abandonne toute ambition littéraire pour s’improviser journaliste et écrire une biographie, il y a sans doute anguille sous roche. L’écrivain dont la propre vie est un vrai roman aurait-il trouvé une vie encore plus trépidante à raconter ? Improbable… Très improbable, mais pourtant vrai. La vie de son héros, Felix Kersten fut une aventure sublime. Pourtant elle est largement méconnue. L’homme n’a pas de nom de rue, il n’est guère honoré, son souvenir s’efface chez les jeunes générations. Même le Congrès juif mondial lui dénie le titre de « Juste parmi les Justes ». Kersten est un oublié de l’Histoire !… Dans sa grande sagesse, l’auteur du « Lion » entreprend de le réhabiliter dans ce merveilleux livre « les mains du miracle ». Un livre à lire pour rendre justice à un homme…

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La derniere charge de NAY

Quel plaisir de lire ce deuxième opus des Mémoires de la grande Catherine, après le premier qui m’avait beaucoup excité !… J’y avais retrouvé les combats politiques de ma jeunesse et la violence des joutes de l’époque. Ce second livre est plus contemporain. Il parle de politiques qui nous sont plus proches, Chirac, Jospin, Sarkozy, Seguin, Hollande, Macron… Récit incroyable ! Alors que la politique a tendance à ennuyer les Français, Catherine Nay  nous raconte la chose comme un roman. Des détails invraisemblables, des anecdotes, des passions humaines qui donnent à l’intrigue des ressorts quasi balzaciens, tout s’enchaîne aisément sous la plume très honnête d’une journaliste certes engagée, mais pas militante. Surtout, c’est la femme la mieux informée du monde politique ( une vraie mine d’or ) et on comprend beaucoup de choses au prisme de ses confidences.

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Les temeraires

Les Téméraires » est un gros pavé historique qui peut effrayer le lecteur de passage. Oui, mais il traite d’une partie de l’Histoire de France méconnue, le Duché de Bourgogne qui s’est heurté à la France pendant près d’un siècle, en prenant un moment le parti de l’Angleterre durant la Guerre de 100 ans. Nous avons tous entendu parler de Charles le Téméraire, adversaire de Louis XI, mais qui sait que la Bourgogne recouvrait alors une large partie de la Belgique et des Pays Bas pour faire un état semblable à ce qui avait prévalu du temps de Charlemagne ? 

C’est un auteur hollandais qui nous raconte cette histoire dans sa langue, traduite en français. Il le fait avec une érudition remarquable, parfois un peu confuse, notamment dans sa première partie qui essaye d’enraciner la Bourgogne dans une histoire très ancienne. Il a tendance aussi à tirer un peu trop la couverture du récit vers le pays batave, mais force est de lui reconnaître qu’il a d’abord entrepris un gros travail de recherche sur ses origines nationales. L’histoire de la Bourgogne n’est pas que française… 

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A nous les vieilles anglaises

Je ne sais pas si l’auteur l’a fait exprès dans le choix de son titre, mais cet « été anglais » m’a fait penser à une autre été, « un été 42 » d’Hermann Raucher dont on a fait un film avec une superbe musique de Michel Legrand. Dans les deux cas, le récit d’un jeune garçon découvrant les mystères féminins auprès d’une femme plus âgée, chose très désirée dans l’un, plus subite dans l’autre. Faut-il que la société ait fortement évolué pour qu’à cinquante ans d’écart, cette même histoire passe du rite initiatique plein de sentiments à une relation passant pour de l’abus et une certaine forme de défloration de l’enfance !

Cette évolution de la société est incontestable, prenons-en acte. L’auteur nous tricote donc l’histoire de Fabrice, 15 ans, jeune garçon partant en Angleterre pour améliorer son anglais. Une situation qui évoque immanquablement des réminiscences chez le lecteur. L’idée sympathique est de transposer l’action dans l’Angleterre des Beatles, dans une famille de la gentry, plus anglaise que cela, tu meurs.

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La mort apprivoisee

Valerie Perrin, l’auteur de « Changer l’eau des fleurs » est la nouvelle compagne de Claude Lelouch. J’ai découvert la chose en toute fin de lecture de ce beau livre, et cela m’a paru lumineux. Ces deux-là se sont apparemment bien trouvés !… Leur narration est proche, leur style aussi riche dans la description de l’intime. Leurs retours en arrière similaires dans des flash-backs nourrissant la trame du récit. Ce livre est un mille-feuille, au sens qu’il superpose, par couches successives, des tranches de vie les unes sur les autres pour former une seule vie dans sa pleine dimension psychologique et affective, la vie de Violette.

Quelle science du récit ! Dès les premières lignes, le lecteur est captivé. Non pas par un scénario alambiqué, il ne se passe presque rien. Mais la sérénité qui se dégage du personnage emporte tout. Malgré une vie de chiotte, cette jeune femme prend la vie comme une offrande. Il se dégage d’elle un inaltérable optimisme. Contagieux aussi, car elle va fédérer autour d’elle toute une bande de laissés-pour-compte et d’écorchés de la vie. Et pourtant, cette femme est… garde-barrière à la SNCF, puis garde de cimetière !… 

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Maximes du vieux Sage

Qu’il est rafraîchissant de découvrir une personnalité accomplie qui a parfaitement réussi sa vie d’homme !… Olivier de Kersauson est un grand navigateur, un aventurier, un homme de la mer. Mais il est aussi un homme riche d’une érudition terrienne et maritime, un philosophe certes peu conceptuel, mais essentiellement pragmatique, un homme plein d’humour qui s’attache à « l’être » plutôt qu’au paraître, en bref, un homme qui est solide dans sa construction et qui projette sur l’existence le phare d’une intelligence de l’expérience.

Façonné par la mer qui lui a tout appris, le jeune Kersauson a aussi pris des partis audacieux dans sa jeunesse, en particulier celui de ne rien attendre des autres pour ne pas être déçu. Il a construit ainsi une personnalité chaleureuse, plus ouverte sur l’extérieur que ses choix primordiaux ne le laisseraient paraître. Il a suivi une éducation rigoureuse, et ne la rejette pas. Il sait tout ce qu’il lui doit.

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Le chant d’Achille

Il faut être un peu gonflé(e) pour se mettre devant une feuille blanche et décider de ré-écrire, en toute simplicité, « l’Iliade » d’Homère. C’est pourtant ce à quoi s’est attelée l’universitaire américaine Madeline Miller, avec cet ouvrage, « le Chant d’Achille » qui est plébiscité par les lecteurs de Babelio. Assurément, de quoi susciter la curiosité…

J’ai lu ce livre avec plaisir, mais avec l’esprit perverti par l’image de Brad Pitt en Achille bellâtre et bodybuildé. Une certaine forme de pollution cinématographique qui se révèle pénalisante pour entrer dans la personnalité que nous présente Madeline Miller assez différente de celle du film. L’auteur nous délivre un Achille, plus subtil, bagarreur certes, mais aussi homosexuel, amateur de chant, de lyre et de danse, qui ira jusqu’à se cacher en femme parmi un groupe de danseuses pour échapper à l’enrôlement pour la guerre de Troie.

L’Iliade que j’ai relue pour l’occasion, est, il est vrai, un récit plein de trous.

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cacher ses tresors

Stefan Zweig que j’ai entrepris de découvrir dans sa globalité, est un auteur prolixe qui sait nous amener parfois là où l’on ne l’attend pas. Ce « chandelier enterré » est un bon contre-pied littéraire, avec un récit pétri d’humanité judaïque qui se passe à une époque hautement improbable : la mise à sac de Rome par les Vandales en l’an 455, des barbares pas si dégénérés que cela, au demeurant, puisqu’ils étaient pétris de cette civilisation latine qui dominaient le monde depuis plusieurs siècles. D’ailleurs, les plus dégénérés étaient davantage ces Romains, un peuple à bout de souffle, qui décide d’abandonner sans combat sa ville aux envahisseurs, laissant la porte ouverte au pillage le plus orchestré qui n’ait jamais été : le déménagement en quelques semaines de toutes les richesses accumulées par des siècles de domination du monde. Voilà assurément une période intéressante de notre histoire…

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L’echec qui stimule…

La France n’aime pas les échecs. En général, on préfère les cacher sous le tapis, les dissimuler comme une maladie honteuse. Le monde professionnel aime les succès aux trajectoires simples. Orientées exclusivement vers le Nord-Est. Tout cela est très différent de la vision de Winston Churchill, selon lequel le succès c’est « aller d’échecs en échecs sans perdre son enthousiasme ». Alors, quand un entrepreneur français prend la plume pour parler de la faillite de sa boite, on ne peut que le féliciter. Voilà un homme qui joue la transparence, qui assume et qui veut tirer des enseignements d’une expérience douloureuse. Un exercice de corde raide, qui se révèle, au final, absolument passionnant… 

Le monde de l’entreprise est souvent mal-connu. Celui des chefs d’entreprises est souvent l’objet de raccourcis réducteurs. L’image du patron fumant un gros cigare chez Plantu n’est pas loin. Il est donc précieux de voir que gérer une entreprise est d’abord une aventure collective et humaine. Celle d’un homme qui consacre toute son énergie à un projet. Celle d’une famille qui le soutient, de collaborateurs qui l’entourent, de salariés qui s’impliquent… Tout peut fonctionner à merveille, au plus grand bénéfice de tous. Jusqu’à ce qu’un gros grain de sable vienne gripper la machine, en l’occurrence la faillite de la Banque Lehmann en 2008 qui a entraîné une forte dépression internationale qui n’a épargné personne. Surtout dans le domaine du recrutement où oeuvrait Solic. Les salariés étant traditionnellement une variable d’ajustement, en cas de crise, les recrutements sont stoppés net. Ce fut le drame de Solic et de son sympathique dirigeant Nicolas Doucerain.

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La Peur, un grand moteur…

La Peur est une série de six nouvelles, tellement achevées qu’elle m’a donné l’envie de passer le reste de ma vie à lire tous les écrits de Stefan Zweig. Oui assurément, c’est le plus grand écrivain mondial. Celui qui reproduit les états d’âme et les pensées secrètes dans une précision des mots qui touche au sublime. J’ai été touché au coeur par la pureté de sa langue, le caractère millimétré de ses intentions, l’éclat de mots inattendus qui s’insèrent parfaitement dans l’intrigue, des entre chocs sémantiques qui vous campent une situation plus vraie que nature. Zweig est l’ambassadeur unique de l’intime, du fugace, de l’instantané…

Les six histoires sont de qualité égale. Mais deux récits m’ont totalement captivé.

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Le magicien de l’intrigue

Michel Bussi est un orfèvre des histoires à tiroirs. Et « Rien ne t’efface » s’ajoute à la longue liste de ses polars envoûtants. Il est vrai que choisir le thème de la réincarnation et flirter avec le fantastique a un petit côté stimulant pour le lecteur. Surtout quand on ramène l’histoire dans un village d’Auvergne, terre à terre, rural et rationnel que nous connaissons a priori bien, même si les anciens volcans, les grottes troglodytes et les sorcières revendiquées donnent une touche d’exotisme au lieu. Le récit capte au début l’attention du lecteur comme un champ de pistil pour une colonie d’abeilles. Quand l’étrange prend des dimensions pachydermiques, le lecteur en est tout émoustillé. Il avance dans la lecture avec le caractère béat d’un nouveau-né, pour mieux se réveiller quelques pages suivantes en se disant que ce brigand de Bussi est allé, cette fois-ci, trop loin, et qu’il lui sera difficile de retomber sur ses pattes. D’ailleurs, c’est le propre de ce type de littérature que de susciter les plus grandes questions sur le « comment ça va se finir ». Nous savons déjà en ouvrant le livre que nous allons être ballotés jusqu’au dénouement final, comme une coquille de noix dans un océan en furies de tensions et de surprises en tout genre. Avec cette patte particulière de Bussi de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, en faisant adhérer le lecteur à des postulats marqués du coin de l’évidence, et qui se révèlent des hypothèses totalement fausses au cours du récit. Il y a une dose d’imposture dans la prose bussienne.

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La douce musique de l’Afrique

L’écriture est un art difficile. C’est difficile de trouver le bon tempo d’une histoire. Il faut que la musique de la langue s’harmonise avec le rythme d’un récit. Il faut raconter une histoire qui soit universelle. Et laisser les mots trouver leur chemin…

Parfois, de manière exceptionnelle, c’est une forme de lumière qui jaillit au bout de l’exercice. L’histoire se transforme en conte intemporel et aspire à briller au firmament de la littérature. Un peu comme « le Petit Prince » de Saint Exupery, ou « l’Alchimiste » de Paul Coelho… « Le fils-récompense » se rapproche de ces grands aînés.

Pourquoi pourtant ce livre est-il si mal connu ?

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La charge de Nay

Catherine Nay est une journaliste qui ne m’a jamais fait vibrer. Je la trouve froide, hautaine, distante, tellement peu chaleureuse qu’on peut la suspecter de misanthropie… Mais il est vrai qu’elle a évolué depuis le milieu des années 60 dans le milieu le plus macho qui soit, celui de la politique dont les acteurs – quasi tous des hommes – sont tiraillés par une libido délirante. Il y a donc dans la retenue de cette journaliste sûrement de l’auto-défense car elle a côtoyé de sacrés cocos.

Son livre de souvenirs est passionnant. Surtout quand son récit correspond aux années où l’on a soi-même éveillé sa conscience politique au contact de l’actualité des années 70 et 80. Le livre nous replonge dans ces années-là avec une aisance incroyable. le récit est fluide, instructif, amusant. Il fourmille d’anecdotes. Mme Nay était au coeur de l’actualité qui se faisait au quotidien, très proche de la droite notamment, puisqu’elle s’était partagé l’échiquier politique avec Michelle Cotta qui couvrait davantage la gauche dans les équipes de l’Express, puis d’Europe n°1.

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