Archives de catégorie : Cinema

Ah ça ira, ça ira, les aristocrates…

Downtown Abbey, voilà une série qui aura fait frissonner la France entière. Cette France républicaine et égalitariste qui n’aime rien tant que détester sa propre noblesse, s’est enflammée pour les aventures d’une famille anglaise dorée sur tranche, dont la demeure n’est autre qu’un château des plus magnificents.  Folie collective citoyenne ! Robespierre doit assurément pester là-haut contre cet inexplicable retour de flamme…

Qu’est ce qui peut bien motiver cet intérêt général ? Une crise de nostalgie ? Un intérêt anthropologique ? Une curiosité pour ces excentriques de rosbeefs ? Un peu de tout cela… Continuer la lecture de Ah ça ira, ça ira, les aristocrates…

Le psy expliqué aux nuls…

« Deux moi », le dernier film de Cedric Klapisch… Je n’ai pas adoré ce film. Question de génération, j’en suis certain, si j’en juge par les critiques majoritairement positives sur Allo Ciné. L’histoire est belle, pourtant, avec deux acteurs qui ont une présence. Mais le film est lent, très lent…

Il enfonce des portes ouvertes sur la nécessaire ouverture d’esprit sur autrui et la réconciliation avec soi-même pour aller au devant des autres. Comme si Continuer la lecture de Le psy expliqué aux nuls…

OK Corall familial…

Je suis resté un peu sidéré après le générique de fin de « Fête de famille ». Incapable de dire si j’avais aimé ou pas. Encore sous le choc de la dureté des relations au sein de cette famille. « C’est du brutal » pour paraphraser les tontons flingueurs… Un film qui commence doucement comme du Tavernier d’un « Dimanche à la campagne » pour obliquer vers les règlements de compte d’un « Air de Famille », humour en moins…

Est-ce une nouvelle chronique douce-amère des hauts et des bas de la vie de famille ? Un film qui cherche l’adhésion du spectateur par un phénomène d’identification aux personnages ? Pas vraiment… Ou alors, c’est sérieusement se compliquer la tâche de commencer avec une fratrie composée d’une bipolaire sévèrement frappée et d’un looser pathétique en tout point horripilant. Ce film dégage, en tout cas, une tension croissante. Continuer la lecture de OK Corall familial…

Quand Cannes se fait piéger…

Une palme d’or consensuelle, voilà qui est rare !… Je crois que la dernière fois, c’était pour « la Vie d’Adèle » en 2013, si ma mémoire est bonne. Il est vrai que cette fois-ci, Cannes a touché juste avec « Parasite » comme Palme d’or. Ce film est non seulement déroutant, il est surtout inclassable… Cela part dans tous les sens ! Le spectateur se fait balloter par un scénario en montagnes russes qui est de ceux qui font aimer le cinéma.

Une famille de pieds nickelés, chômeurs tendance « paresseux comme des loutres » trouve le moyen de vivre ( bien ) au crochet d’une riche famille un peu crédule. Tous ces « parasites » s’inventent des compétences diverses et variées pour servir chaque membre de la famille selon ses attentes. Pas vraiment de quête de nouveaux départs chez ces quatre zozos. C’est plutôt la vénération du veau d’or qui motive cette famille de joyeux arnaqueurs. Jusqu’au jour où ils se retrouvent tous dans la superbe propriété d’architecte de leurs nouveaux patrons, en l’absence de leurs occupants, pour fêter leur belle supercherie. Mais ils vont faire quelques découvertes surprenantes… Continuer la lecture de Quand Cannes se fait piéger…

Tarantino intime…

C’est connu, Quentin Tarantino est un grand cinéphile, un des plus passionnés en tout cas et dans ce film « Once upon a time in Hollywood », il tente de nous faire partager son amour du cinéma. C’est sans conteste son film le plus personnel. On retrouve, dans ce film, ce qui a fait vibrer le jeune Quentin-enfant quand il ressentait les palpitations du spectateur, devant des westerns notamment. Il y a des extraits de films, des bandes annonces, des scènes se passant dans une salle obscure et beaucoup de ce qu’on se représente des coulisses d’Hollywood.

Dans le même temps, Tarantino célèbre un temps où les images avaient du poids, où la lecture et la radio occupaient les esprits avec fraîcheur, très loin de la saturation et de l’overdose d’images de notre époque. Ce film est un manifeste nostalgique pour l’âge d’or du cinéma,et la période d’insouciance qui l’a accompagnée. Jusqu’à un certain jour d’août 1969 où le massacre de Sharon Tate et de quelques amis a fait perdre au milieu du cinéma la candeur des origines. Continuer la lecture de Tarantino intime…

Le petit monde élégant de Pagnol

La trilogie de Pagnol est universellement connue. Marius-Fanny-Cesar nous sont intimement familiers. Le plus souvent d’ailleurs sans véritablement connaître les films. Des films en noir et blanc des années 30, vous pensez bien, Madame, c’est un peu désuet… Alors, on pense à eux autrement, en jouant aux cartes par exemple avec cette savoureuse réplique dans le film Marius « tu me fends le coeur ! ». Raimu y est exceptionnel…

Dans cette chronique familiale marseillaise, chef d’oeuvre d’émotion du grand Marcel Pagnol, j’ai une tendresse particulière pour le dernier, « Cesar ». Le film tourné en 1936 visait à donner une suite, alors que les précédents opus avaient été de grands succès. Pagnol l’avait écrit en urgence.

Le talent est là Continuer la lecture de Le petit monde élégant de Pagnol

Yesterday : une vie sans les Beatles ?

Yesterday est un film qui exploite la veine des films musicaux, dans la poursuite de Bohemian Rhapsody ou du récent Elton John. Ici ce sont les Beatles que l’on honore. Mais en les faisant disparaître de l’Histoire, pour voir quel serait l’état du monde sans leur bénéfique influence.

Pourquoi pas après tout ? On est habitué à une part de science-fiction dans les scénarios d’aujourd’hui. Et puis, imaginer l’accueil que l’on ferait aux mélodies des « Fabulous Four » si on devait les redécouvrir, cela pouvait faire une histoire sympatoche… Continuer la lecture de Yesterday : une vie sans les Beatles ?

« Roxane », Cyrano au poulailler…

Faire son premier long métrage à 28 ans, c’est audacieux… Une audace pas vraiment partagée par les distributeurs qui réservent peu d’écrans à ce premier film. Pourtant le public aime, et c’est déjà une première revanche pour une jeune femme, Mélanie Auffret qui a mis dans l’exercice tout son coeur.

Certes la jeune réalisatrice surfe sur une vague sociétale très forte, le retour aux valeurs simples, au bien-manger, à l’exploitation extensive de la terre qui rémunère correctement ses artisans. Tout cela est très dans l’air du temps, mais Mélanie le fait avec beaucoup de tact et de finesse. Très loin du discours militant des écolos anti-consuméristes enragés.

Roxane est, au contraire, Continuer la lecture de « Roxane », Cyrano au poulailler…

Casse-pipes entre potes…

Chamboultout, voilà un joli titre !…

Un titre qui fait penser à ce jeu de fête foraine où l’on s’ingénie à faire chuter les têtes des personnages à coup de boules. Il y a un peu de cela dans le film autour d’une histoire bien ficelée d’un homme ( José Garcia ) ayant perdu la vue et tout sens de la retenue, à la suite d’un accident. Du coup, il assène des phrases assassines à tout son entourage, sans pudeur ni vernis social, la cécité l’ayant rendu totalement auto-centré sur lui-même.

Sa femme, la délicieuse Alexandra Lamy tente bien de l’entourer de son affection, mais elle a un peu baissé les bras, en tombant dans ceux d’un amant de passage, ce qui lui fait bien mieux accepter l’épreuve. En plus, Continuer la lecture de Casse-pipes entre potes…

« Coeurs ennemis », prêt à porter du cinéma…

Pour une fois, le titre du film a été francisé… Et objectivement « Coeurs ennemis » est beaucoup plus parlant que « The aftermath ». Il serait temps que nos censeurs du cinéma arrêtent d’avoir honte de notre langue. Ou de considérer l’anglais comme plus sexy…

« Coeurs ennemis », donc, est un film séduisant sur le papier. Une histoire d’amour entre un jeune veuf allemand et une anglaise, femme d’un colonel des troupes d’occupation britanniques juste après la guerre dans une Allemagne dévastée, il y a là matière à ouvrir une page d’Histoire avec un joli jeu d’acteurs, partagé entre deux langues saxonnes. Et puis, il a la divine Keira Knightley au générique, une actrice au regard lumineux et à la présence aussi douce que son patronyme est aride.

Hélas, trois fois hélas, Continuer la lecture de « Coeurs ennemis », prêt à porter du cinéma…

« Nous finirons ensemble », Ou pas ?

« Les petits mouchoirs » avaient été un grand succès. Il était prévisible qu’il y ait une suite… Sauf qu’un film aussi intimiste ne pouvait prétendre nous surprendre une seconde fois, malgré le plaisir réel de retrouver des personnages attachants.

Guillaume Canet a dû être conscient de cette gageure en construisant « Nous finirons ensemble », si bien que le bon chroniqueur d’un groupe de potes qui avait excellé dans son premier tableau, a durci le trait de son nouveau croquis en prenant du fusain à gros trait. Finis l’humour et l’insouciance. Place aux états d’âme existentiels de la quarantaine finissante!… Comme si l’amitié de ces zozos devait être compensée par des mal-êtres en cascade pour rentrer dans le moule d’une société en crise. Choix discutable sur le fond, mais aussi sur la forme, car une certaine forme d’exaspération du spectateur naît de l’outrance des situations. Continuer la lecture de « Nous finirons ensemble », Ou pas ?

Belle leçon d’Histoire…

La liberté est notre bien le plus précieux, et les jeunes générations qui n’ont pas connu les années de plomb du communisme ne devraient pas l’oublier. Un Français sur cinq vote toujours pour les partisans de ce courant de pensée. Ils ont une belle occasion de prendre de la hauteur et de revisiter leur Histoire avec « Le Vent de la Liberté ».

Un film oppressant qui montre une société est-allemande sournoise où tout le monde s’épie. Une société où les jeunes sont contraints de réciter le catéchisme du régime. Une société où la méfiance envers l’autre prime sur toute autre relation humaine. Bref, le paradis socialiste à l’état pur qui donne envie de fuir. Continuer la lecture de Belle leçon d’Histoire…

Pas si blanche, la belle Lou…

Un titre malicieux, une affiche provocante, une actrice à la beauté d’ange. Tous les ingrédients pour faire un film épatant et dépoussiérer le conte de Disney… La réalisatrice Anne Fontaine avait de belles ambitions sur le papier, et je me réjouissais à la perspective d’un film joliment assaisonné.

Hélas, elle rate totalement son coup : son film est fade, ennuyeux et sans saveur. Il manque de texture à son scénario, et surtout de l’authenticité à son histoire. C’est un conte, au sens où l’on n’y croit guère. Et l’imaginaire ne fonctionne pas, car le récit est trop enraciné dans une réalité provinciale que les superbes paysages de Notre Dame de la Sallette n’arrivent pas à élever.

Quel dommage ! Continuer la lecture de Pas si blanche, la belle Lou…

« Mon inconnue », sucré et délicat…

Rafraîchissant, ludique et plein de charme… « Mon Inconnue » est de ces comédies qui vous font aimer le cinéma, pour décompresser après une semaine de boulot. C’est une belle évasion dans la fiction, voire la science-fiction, avec deux très beaux acteurs, le très touchant François Civil et la pétillante Joséphine Japy. Un couple qui donne envie de (re)devenir amoureux, et de vibrer à nouveau à cette quintessence des émotions humaines.

Toute la comédie baigne dans un halo d’ondes positives et le spectateur se laisse happer sans retenue dans cette histoire croquignoslesque de reconquête de l’être-aimé après un switch dans un autre temps. Continuer la lecture de « Mon inconnue », sucré et délicat…

Stan & Ollie, de la nostalgie en apesanteur

Laurel & Hardy, un couple mythique de comiques qui a fait rire des nations entières. Un duo hélas oublié des jeunes générations et le spectateur prend un coup de vieux en découvrant que ce film sorti le jour-même n’est à l’affiche que d’une salle toute petite dans le très cinéphile quartier Montparnasse. Salle au trois quarts vide au demeurant. Ce comique-là est-il devenu à ce point désuet ?…

Ce nouveau biopic ne joue pas la facilité, en plus, en présentant le célèbre duo dans ses dernières années, soit le milieu des annes 50 quand il était déjà dépassé, largué, old-fashioned. Continuer la lecture de Stan & Ollie, de la nostalgie en apesanteur

Sang froid, hors d’oeuvre avant la cote de boeuf

« Sang froid » fait partie d’une catégorie cinématographique bien identifiée, les films où le héros se bat seul contre une armée de méchants. Le film où l’on s’égare parfois, pour passer un moment hors du temps où le petit garçon ou la petite fille qui sommeille en nous, se retrouve pour dézinguer tous les ennemis, comme nous le faisions autrefois avec nos Playmobil. Une pure régression qui peut faire du bien !…

Liam Neeson s’est spécialisé dans ce type de films depuis Taken, au point de faire oublier qu’il a jadis été un vrai acteur. Continuer la lecture de Sang froid, hors d’oeuvre avant la cote de boeuf

« Grâce à Dieu », le film est honnête !…

Emouvant au point que les larmes me sont venues aux yeux devant le personnage d’Emmanuel. Une victime en révolte qui tourne comme un fauve en cage. Une des victimes de ce prêtre pédophile lyonnais qui a sévi plusieurs décennies sans susciter de réactions appropriées de l’église. Alors quelques-unes de ses victimes ont fini par se réunir en association pour l’attaquer en justice et dénoncer l’inqualifiable, à savoir le mal incarné chez un prêtre censé apporter le bien et communiquer la parole de l’évangile.

François Ozon s’attaque à un sujet douloureux avec « Grâce à Dieu ». Continuer la lecture de « Grâce à Dieu », le film est honnête !…