Quotidien putride de l’Occupation…

Le livre a remporté un joli succès d’estime. Le prix du meilleur polar décerné par le cercle du Point. Avec comme personnage principal, un anti-héros ordinaire, un flic des Renseignements Généraux pendant l’occupation allemande. Un salopard, collaborateur zélé et antisémite farouche qui a juste quelques très rares éclairs d’humanité. « L’affaire Leon Sadorski » est un livre qui déménage… De la littérature qui n’épargne pas ses lecteurs par le récit minutieux des puanteurs de la Collaboration. Le roman a eu droit pourtant à une suite un an plus tard.

On ne peut parler de ce livre sans évoquer le remarquable travail d’historien de l’auteur, Roman Slocombe qui replace son action dans le contexte précis des années noires de l’occupation. Continuer la lecture de Quotidien putride de l’Occupation…

Des algues pour la vie…

Les sociétés cotées regorgent de pépites qui préparent l’avenir. Fermentalg fait partie de celles-là. Après un départ laborieux, la société semble bien partie pour gagner son pari : cultiver des algues de manière industrielle pour fabriquer des compléments alimentaires.

L’idée d’investissement me plaît beaucoup… En effet, nous avons tous été conditionnés par les vieilles histoires d’enfants, obligés par leur mère, de boire autrefois de l’huile de foie de morue. C’était très mauvais, mais un médicament efficace contre le rachitisme… Une centaine d’années plus tard, les gourous de la consommation bio recommandent chaudement de manger des poissons gras riches en omega 3 ( maquereaux, harengs, saumons… ) jugés excellents pour la croissance, mais aussi pour le bon fonctionnement de notre cerveau. Ces recommandations participent du même mouvement que nos grand-mères.

Sauf que la science a évolué. Continuer la lecture de Des algues pour la vie…

« Jusqu’à la Garde », en plein coeur

« Jusqu’à la garde », voilà un titre magnifique! Un terme d’escrime qui signifie « jusqu’à la protection du poignet », quand l’épée s’enfonce totalement dans l’adversaire.

L’adversaire, il s’agit bien de cela. « L’autre », autrement dit, celui qu’on n’ose plus nommer pendant un divorce. Des divorces saignants, c’est monnaie courante. C’est ce à quoi s’attache ce film dans une composition quasi documentaire. La première scène – point de fioritures ! –  se passe chez le juge pour apprécier le principe d’une garde partagée. Les avocats parlent et débobinent les arguments de chaque camp. On ne se parle plus directement. La tension est latente. Le spectateur est englué dans cette histoire lourde dont on devine, dès le départ, que cela finira mal.

Ce film est une vraie réussite Continuer la lecture de « Jusqu’à la Garde », en plein coeur

L’Albanais désopilant…

C’est l’histoire d’un mec, un mec… comment dire… pas tout à fait de chez nous. Un émigré… Un émigré né à Bruxelles. Mais pas belge. Enfin, un mec albanais, tu vois le genre… Un voleur de poulailler, venant d’un pays longtemps communiste dont la principale activité est de maquiller des voitures volées chez nous, pour les revendre à l’Est. En tout cas, c’est ce qu’il raconte dans son one-man Show à la Grande Comédie. Alil Vardar est un phénomène…

Un émigré, certes, mais de la deuxième génération… Continuer la lecture de L’Albanais désopilant…

Analyse d’un crash…

Il était un amateur de courses automobiles. Un fou de vitesse implanté – est-ce un hasard ? – dans la Sarthe, berceau des fameux 24 h du Mans. Un homme politique pondéré qui semblait bien maîtriser les puissantes mécaniques. Il nous a fait pourtant la plus belle sortie de route politique de ces dernières années.

Cela fait juste un an. Presque une éternité… L’eau a coulé sous les ponts depuis. Mais BFM TV a souhaité analyser les événements avec le recul du temps pour comprendre comment un tel crash avait été possible. L’homme étant maintenant retiré de la vie politique, les paroles se sont libérées. Ce qui permet de rentrer au coeur des événements, avec les commentaires encore tièdes des principaux protagonistes. Exercice donc particulièrement intéressant, d’autant que le reportage garde une certaine neutralité. Continuer la lecture de Analyse d’un crash…

« Les loyautés », la dentelle de Delphine…

Un nouveau roman de Delphine de Vigan, cela interpelle. Forcément… Après deux  derniers romans étincelants, on reste en alerte. J’ai en mémoire « Rien ne s’oppose à la nuit », petit bijou d’analyse publique. Un roman très personnel. Mais ce petit dernier, « les Loyautés », semble différent. Un roman court, concis, qui s’éloigne visiblement de l’univers éditorial de l’auteur. Serait-ce un vrai récit inventé ?

Ce roman dénonce un mal public qui ronge notre société, à savoir l’indifférence. Un mal d’autant plus cruel quand il s’applique sur des adolescents perdus, en manque d’autorité parentale. Des ados qui essaient de donner le change et l’illusion de la normalité. Des ados pourtant sur la mauvaise pente si parents et éducateurs démissionnent de leurs responsabilités.

C’est l’histoire Continuer la lecture de « Les loyautés », la dentelle de Delphine…

L’ami qui flirte avec votre cerveau…

Visiter le siège parisien de Facebook est un rêve de geek. Une proposition qui ne se refuse pas… Dans la belle course à l’échalote qu’est devenu le monde contemporain, il est urgent de rester dans le coup. Suivre l’accélération brutale du monde et continuer à communiquer avec les jeunes accros au monde digital. Sinon c’est le déclassement, l’inadaptation et le rejet. Pas vraiment acceptable pour un quinquagénaire encore dans la force de l’âge.

Facebook n’a pas encore quinze ans, mais c’est déjà une institution. Un des architectes du monde de demain. Un des quatre GAFA comme on dit dans le monde journalistique friand de ces acronymes qui donnent une illusion de maîtrise. Chez eux comme partout ailleurs, on cherche, d’une façon ou d’une autre, à accrocher son wagon au monde digital.

C’est un privilège de voir de l’intérieur la société qui ne commercialise rien, sinon une part de votre cerveau. Continuer la lecture de L’ami qui flirte avec votre cerveau…

Un grand Lyonnais n’est plus…

C’était un Seigneur… Un prince de la gastronomie qui a donné des lettres d’or à la table lyonnaise. Il aura fait connaître dans le monde entier les richesses de la grande cuisine française, contribuant à faire de notre pays le premier dans les métiers de la haute restauration. Tous les grands chefs sont passés dans ses cuisines. Il a formé les plus grands…

C’était un homme modeste, passionné de son métier. Son restaurant de Collonges au Mont d’Or était le Graal dans mes jeunes années. Un dîner dans son restaurant paraissait être le plus beau cadeau possible. Ce restaurant magnifique aux couleurs chatoyantes faisait rêver. Aurions-nous un jour la chance d’y déjeuner ? Continuer la lecture de Un grand Lyonnais n’est plus…

L’Art de disséquer une amitié…

Un ami qui fait du théâtre, nous a engagés à venir le voir dans sa pièce qu’il produisait dans l’appartement de son père. En petit comité donc, mais un intérieur bourgeois se prêtait bien à la pièce choisie, « Art » de Yasmina Reza.

« Art », une pièce étincelante… Le récit d’une passe d’armes de 1h30 entre trois amis qui s’étripent, suite à l’achat par l’un d’entre eux d’un tableau contemporain très cher montrant un fonds blanc avec des légères rayures blanches. Une pièce qui est maintenant un classique du répertoire… Notre ami et ses deux partenaires ont fait une prestation bluffante, en rien différente de vrais professionnels. Et cela nous a permis de replonger dans le texte finement ciselé de cette belle pièce. Un régal ! Continuer la lecture de L’Art de disséquer une amitié…

Visite au temple du digital…

Son nom fait penser à une base spatiale de la guerre des étoiles. C’est un lieu excentré de la capitale, derrière la gare d’Austerlitz, autant dire aux confins du monde habité. Il y a là bien quelques peuplades du 13ème district, mais point de banquiers, ni de business men dans toute la galaxie alentour. Carrément la zone ! Cela ressemble aux faubourgs désolés de Pluton la lointaine…

Pour y aller, j’ai dû prendre un engin propulsé par une puissante onde électrique, mon Riese & Mueller Delite45, pour m’amarrer sous une pluie battante à la « Station F », le nouveau centre de l’économie 2.0 créé en juin dernier par Xavier Niel. Autrement dit, le temple des start-ups puisque le lieu y rassemble 1200 sociétés nouvelles sous la bienveillante supervision d’incubateurs et d’investisseurs en capital-risque.

Le lieu est futuriste Continuer la lecture de Visite au temple du digital…

« Où passe l’aiguille », ode à la vie…

« Où passe l’aiguille » : le titre m’a troublé; je n’arrivais pas à m’en souvenir; je n’en voyais pas la signification; je ne le trouvais pas très accrocheur… Jusqu’à ce que je lise la dernière page qui m’a donné la clef. La clef d’un récit subtil, écrit par une jeune femme, Veronique Mougin, qui y a mis tout son coeur.

Je n’ai pas lu la 4eme de couverture avant de lire ce livre, et cela a été donc une expérience. Expérience précieuse car le passionné d’histoire que je suis, y a trouvé son miel avec l’évocation de cette famille hongroise juive connaissant en 1943-1944 le rejet par ses voisins, la soumission aux autorités, l’espoir vain d’une rémission, puis l’enfer des camps de concentration. Plus j’avançais dans l’histoire, Continuer la lecture de « Où passe l’aiguille », ode à la vie…

« Les Heures sombres », forges d’un destin

Winston Churchill est vénéré dans son pays, considéré comme le plus illustre anglais dans toute l’histoire de l’Angleterre. Un homme politique sans équivalent qui a marqué le siècle de son génie, de son sens politique et de sa capacité à anticiper les événements. Surtout de sa formidable capacité à rester fidèle à lui-même, fut-ce au prix d’un isolement prolongé. On rit encore de ses citations savoureuses, tant il avait le sens de la répartie et de la formule à l’emporte-pièce. Une personnalité dont on rêverait pour gouverner nos pays aujourd’hui encore.

Oui, mais un tel destin est fragile. Il se construit sur quelques heures. Des heures tragiques où celui qui préside à l’avenir d’un pays se trouve confronté à une pression maximale. Des heures atroces qui révèlent la vraie personnalité d’un dirigeant. Des heures où se forgent un destin. Ce sont ces quelques heures dont parle le film « Les Heures sombres ». Les heures qui auront propulsé Churchill au firmament de la gouvernance politique. Continuer la lecture de « Les Heures sombres », forges d’un destin

superfétatoire

Oh le vilain mot compliqué !… Voilà un synonyme de « superflu » qui se paye le luxe d’être plus long que son concurrent plus connu. C’est l’assurance d’un enterrement de première classe dans l’usage de notre langue.

Pourtant, ce mot qui renvoie éthymologiquement à la gémellité et à la fécondation en excès, en rajoute dans la notion de ce qui est « inutilement ajouté ». Après « super », le « fétatoire » se veut encore plus fort que le « flu ». Et cet ajout va bien dans le sens du mot qu’il véhicule. Brillant !… Alors, au risque de passer pour « pédant », je n’ai pas envie d’oublier ce « superfétatoire »…

Habemus Cardinam…

Un nouvel archevêque de Paris, plus exactement, qui a été consacré hier à Notre Dame… Un homme très intéressant qui était médecin dans la vie civile, et a décidé à 39 ans de devenir prêtre. Un homme qui ambitionne de guérir les maux de l’âme, après s’être occupé des corps.

L’homélie de Notre Dame m’ayant plu, j’ai essayé d’en savoir plus sur lui et j’ai découvert cet interview dans la vidéo ci-dessous… Quelle belle humilité chez cet homme ! L’Eglise s’ouvre merveilleusement sur la société civile avec de telles nominations. Bravo et bonne route à notre Archevêque… Continuer la lecture de Habemus Cardinam…

Un Goncourt anachronique…

Un Goncourt de 150 pages au petit format. Voilà le rêve du lecteur moderne, économe de son temps… Mais cet atout de principe est gommé par le choix du sujet, une analyse critique de la montée du nazisme. Un sujet qui n’est pas consensuel, et qui aura sans doute détourné de nombreux lecteurs n’ayant pas pu « rentrer dans l’histoire ». D’ailleurs, il vaut mieux parler en l’occurrence d’Histoire car ce livre n’est pas un roman, mais un récit. Un récit au vitriol, porté par un style court, fort, percutant. Des mots sulfuriques pour dénoncer le manque de courage et de clairvoyance de quelques caciques face à l’extension malfaisante de la pieuvre nazie. Fort bien !… Il se trouve que je suis un passionné de cette époque, au point de m’être souvent posé la question : « qu’aurais-je fait si j’avais vécu à ce moment là ? ». Une question à laquelle, à 55 ans, je n’ai pas encore trouvé de réponse. Enfin, j’entends, de réponse objective et honnête.

Eric Vuillard n’a lui aucun doute. Continuer la lecture de Un Goncourt anachronique…

Paris fête son créateur…

Il a comme lui quatre lettres dans son nom. Et les deux premières sont communes. Dior est dans la mode aussi connu que Dieu. Et comme pour Lui, c’est son fils qui fait parler de lui. Son fils adoptif, Bernard Arnauld, qui n’a pas cru bon de mettre CD dans son LVMH, mais qui veille sur son héritage avec les yeux de Chimène. Dior est son joyau, sa pépite. Il n’a pas fini de la faire lustrer.

La collection Dior qui s’affiche au Musée des Arts Décoratifs, s’apparente au Second Testament. La plus belle vitrine du prophète. La foule des fidèles s’agglutine  – deux heures d’attente dehors, dans un froid de gueux – pour s’approcher du maître, admirer ses collections et respirer l’air de la haute création et du très grand luxe. Continuer la lecture de Paris fête son créateur…

Blog de Bernard ; traits d'humeur sur l'actualité