Nicolas Beuglet, Harlan Coben français…

Pour mon incursion régulière dans le monde du polar, j’ai choisi « le Cri » de Nicolas Beuglet. Un roman perdu dans le froid norvégien, mais écrit par un Français, scénariste de télévision bien rodé à l’exercice de scénarios alambiqués.

Bingo !… Le roman commence sur les chapeaux de roue par un suicide bizarre dans un asile psychiatrique près d’Oslo qui entraîne l’enquête tenace d’une inspectrice un peu zombie, Sarah Gueringën. Une femme abandonnée par son compagnon qui va s’accrocher comme une sangsue à cette enquête étrange pour ne pas sombrer.

Dès les premières pages, le récit s’accélère et garde un rythme fou jusqu’au bout des 550 pages Continuer la lecture de Nicolas Beuglet, Harlan Coben français…

Posteromanie

Un mot qui n’est pas doux à l’oreille. Mais il véhicule un concept fort chez quelques garçons, à savoir la volonté d’assurer sa descendance, de préférence mâle, pour perpétuer son nom.

« Viens qu’on donne libre cours à ma postéromanie galopante », peut donc être une autre façon de dire « allons mignonne folâtrer dans les draps »…  Je préfère la version bucolique à la psychologique, mais l’objectif final peut être le même : concevoir un enfant, mais pas n’importe lequel, un gars, a boy, un couillu… Rétrograde et machiste, mais ça existe toujours bel et bien, surtout quand au nom à défendre est attaché un titre de noblesse.

« Le Jeu » : le téléphone pleure…

Les téléphones portables sont devenus le coeur de nos vies. Les compagnons dont nous ne pouvons nous passer, les confidents, les carnets roses, les vrais dépositaires de nos petits et grands secrets. Alors, que se passe-t-il quand on décide de les ouvrir aux autres ? C’est le point de départ du Jeu. Un challenge entre amis qui va devenir un révélateur brutal de tout ce qu’on cherche à cacher.

Pour faire ce film, le réalisateur Fred Cavayé a peaufiné son scénario pendant des mois. Cela se voit. Il a travaillé sur ses 7 personnages avec la précision millimétrée d’un horloger suisse et les gestes mesurés d’un dynamiteur maniant des puissantes charges d’explosifs. Tout est terriblement précis. Les enchaînements sont d’une rigueur exemplaire, faisant passer le spectateur en quelques secondes du rire au larme, puis du sourire à l’émotion la plus forte. Une réalisation de cette qualité, c’est du caviar. Continuer la lecture de « Le Jeu » : le téléphone pleure…

« Le Puy en Velay », l’Occitane qui bouge…

La France est malade de ses villes. De ses petites villes de Province notamment, qui meurent à petit feu. Nous connaissons tous des petites villes au centre-ville en déshérence. Des villes qui perdent petit à petit leur âme, pour devenir, sans caricaturer à l’excès, des villes fantômes, comme dans les westerns de notre enfance.

Beaucoup parlent de « désert médical ». Mais c’est bien de désert tout court, quand il s’agit de trouver un boucher, un boulanger, un garagiste….

C’est un des scandales de notre époque. Alors que nos grandes villes souffrent de sur-population avec des problèmes de logement et de transport inextricables, nos villes en régions perdent souvent des habitants. Continuer la lecture de « Le Puy en Velay », l’Occitane qui bouge…

Une « Première Année » très assaisonnée

Le dépassement de soi est un sujet prisé du cinéma. Sportif le plus souvent. Rarement intellectuel. C’est un challenge que de présenter un accomplissement personnel au travers des études. Quoi de plus singulier et d’auto-centré que des études intensives ?

Thomas Lilti relève le défi avec ce film sur la première année de médecine au travers de l’histoire de Benjamin et d’Antoine, deux étudiants à la personnalité différente. Ce n’était pas gagné d’avance, mais le pari est réussi. Continuer la lecture de Une « Première Année » très assaisonnée

Le chef d’oeuvre majuscule…

« L’homme qui tua Liberty Valance », je ne peux pas revoir ce film sans connaître une profonde émotion. C’est mon film préféré, le film qui est pour moi le chef d’oeuvre absolu. Je peux le voir et le revoir, sans émousser les ressentis de la première fois. La dernière scène me laisse toujours la larme à l’oeil.

Un western ? Beaucoup n’iront pas plus loin… Le western est un genre mineur, proprement désuet pour beaucoup de spectateurs. Quand on ajoute que le film est en noir et blanc, la cause est entendue pour les jeunes générations. Elles préféreront passer leur chemin. En quoi, elles passeront à côté du film majuscule…

« L’homme qui tua Liberty Valance » est un film unique. Continuer la lecture de Le chef d’oeuvre majuscule…

« Le Poulain », carburant du populisme…

Quel chamboule-tout ! Le « Poulain » est une satire féroce de la vie politique, ou plutôt des cuisines de la vie politique où officient des directeurs de campagne sans foi ni loi dont le seul but semble être de manipuler l’opinion. C’est une comédie, certes, mais grinçante et sans nuances. Elle rend très mal à l’aise par l’image déplorable qu’elle donne de l’engagement politique : des candidats marionnettes, des entourages politiques qui se chamaillent, des responsables politiques qui trahissent comme ils respirent, tout un petit monde au vide intellectuel sidéral…

Le pire, c’est que beaucoup prendront la pastiche pour argent comptant. La politique a tellement mauvaise presse. Et puis après tout, peut-être que cela repose sur une part de vérité. D’ailleurs, la présence au générique de Gaspard Gantzer ex-petite main de Hollande qui joue son propre rôle, semble légitimer le propos. Affligeant !… Continuer la lecture de « Le Poulain », carburant du populisme…

« Melle de Joncquières »: envoûtante !…

Les films d’époque en costumes, ce n’est pas un gage de succès, mais cela requiert une condition quasi indispensable : une langue châtiée et littéraire. « Mademoiselle de Joncquières », libre interprétation d’un récit de Diderot, est de ce point de vue une réussite totale. Quand vous mettez en plus ces paroles suaves dans la bouche de l’acteur du moment sachant le mieux leur rendre justice ( l’ineffable Edouard Baer ), vous avez là de quoi provoquer des oh ! et des ah ! chez tous les spectateurs blasés.

Ajoutez une Cecile de France au visage expressif suintant toute la palette des émotions humaines, et quelques seconds rôles bien trouvés. Tout est là pour faire un film pétillant d’intelligence qui rivalise – c’est le plus beau des compliments – avec la violence des sentiments de Choderlos de Laclos et de ses « Liaisons dangereuses ». Continuer la lecture de « Melle de Joncquières »: envoûtante !…

Has been ou simplement décalé ?

Spotify continue à m’offrir des incursions dans la musique du passé. Avec parfois, des mélodies qui évoquent des madeleines de Proust musicales, comme des réminiscences auditives d’un passé paraissant lointain. En l’occurrence, ce n’est pas si loin puisqu’il s’agit de la fin des années 90 et du crooner Dany Brillant. Déjà, à l’époque, c’était un peu un ovni dans la variété française avec sa « Suzette ». Un chantre de l’amour délicieusement désuet.

J’avais alors pris la peine d’approfondir la question au delà de la chanson « Suzette » qui l’avait rendu célèbre. Avec notamment son très bel album « Nouveau Jour ». J’avais découvert un sacré faiseur de mélodies et un parolier subtil, qui était loin de mériter le caractère mièvre de chanteur à midinette qu’on lui prêtait souvent. Et puis quel entrain, quel optimisme !… Dany et ses chansonnettes ont souvent accompagné mes voyages en voiture, alors que mon équipage en totalité avait sombré dans les bras de Morphée. Continuer la lecture de Has been ou simplement décalé ?

Yuma : en arabe dans les étoiles…

La grâce de Spotify est de vous permettre de découvrir des musiques d’ailleurs que vous n’auriez jamais écoutées. Le groupe tunisien Yuma en est un bon exemple. De la folk douce de deux voix aériennes qui chantent en arabe, il y a peu de chances que vous l’entendiez sur les radios. Et pourtant…

Yuma est une très jolie douceur sucrée qui vous plonge dans les étoiles, des « poussières d’étoiles » du nom de l’album. Des mélodies colorées avec parfois le côté râpeux de l’arabe qui donne une forte originalité au duo, un homme et une femme aux voix étonnantes. C’est très joliment tourné Continuer la lecture de Yuma : en arabe dans les étoiles…

« La Moustache », théâtre de l’audace…

La pièce vient de sortir et ne profite d’aucun bouche à oreilles, en dehors de quelques commentaires sur Billetreduc. Tous très flatteurs, mais on sait l’indépendance des commentaires de première… Le synopsis semblait original : un homme faible, au chômage et sous l’emprise de sa compagne, se prépare à recevoir son ( redoutable ) beau-père. Il entreprend de raser son bouc dans cette perspective, mais une panne d’électricité l’empêche de terminer, et il en sort avec une petite moustache à la Adolf Hitler. Ce qui va provoquer une série de réactions en chaîne…

« La Moustache » est une pièce écrite par un duo, Sacha Judaszko et Fabrice Donnio, deux comédiens qui se sont donnés un rôle dans la pièce, respectivement celui du gardien d’immeuble envahissant et celui du copain parasite. Les deux compères se sont donnés un challenge : faire rire autour d’une représentation d’Hitler et faire du racisme un sujet de dérision. Exercice périlleux, s’il en est… Continuer la lecture de « La Moustache », théâtre de l’audace…

Une « Mission » délicieusement régressive…

« Mission Impossible » à Paris, cela ne se loupe pas… Histoire de voir Tom Cruise dans mon environnement quotidien. Il utilise dans le film le parcours que je prends tous les matins vers mon bureau. Sauf que moi c’est en vélo, mais en lui en moto à 120 km/h. Y avait-il d’autres différences ? Cela valait bien un billet de cinéma….

Petite anecdote : pendant les bandes annonces de films précédant le film, je me disais que tous les films actuels étaient sur le même registre : de l’action sur-vitaminée, des explosions en tout genre, de la violence confite, des super-héros à la Marvel, bref du cinéma défouloir pour des fanas texans de la gâchette, ce qui n’est guère ma tasse de thé. Avant de réaliser que j’attendais un film en tous points comparable…

Moment de pure schizophrénie ? Continuer la lecture de Une « Mission » délicieusement régressive…

Schmitt en plein rêve hitlérien…

Eric Emmanuel Schmitt est sans doute l’auteur le plus brillant de sa génération. Je crois que nous avons avec lui un bon candidat à un futur Nobel de littérature. Sa bibliographie est riche et pleine de pépites. Un auteur prolixe qui étonne par ses choix artistiques éminemment personnels. Certes, il est l’auteur de nombreux romans, des fictions imaginatives toujours bien ficelées. Mais derrière chacune de ses oeuvres se cachent les interrogations humaines et métaphysiques de l’homme. Par ce besoin de réflexion et d’hauteur spirituelle, Eric Emmanuel Schmitt est certainement l’auteur le plus français du moment.

L’aisance dans l’écriture de l’auteur est telle qu’il semble, en plus, chercher des challenges à relever. Comme si la fiction romanesque ne suffisait pas à combler sa soif de bien faire. Il faut que ses livres relèvent du tour de force : faire de Jésus son héros de roman à la première personne du singulier ( l’époustouflant « Evangile selon Pilate » ); raconter sa rencontre personnelle avec Dieu-himself ( la très lyrique « Nuit de Feu » )… Et pourquoi pas rentrer dans l’intimité d’Hitler ? C’est l’objectif audacieux de « la Part de l’autre ». Continuer la lecture de Schmitt en plein rêve hitlérien…

Plongée dans le néant…

Il y a peu de livres que je conseillerais à mes deux fils et à ma fille de lire impérativement, durant les quelques décennies de leur présence sur terre. « Si c’est un homme » de Primo Levi en ferait assurément partie. Cette lecture est quasi un devoir moral, une obligation de perpétuation du souvenir. Un livre si puissant qu’il vous donne un coup de poing dans l’estomac et vous laisse pantelant.

« Si c’est un homme » est le livre ultime sur l’expérience d’un camp de concentration pendant les dernières années de guerre. Un chef d’oeuvre écrit par un survivant dans un style sec, nerveux et sans artifice. Une réflexion abyssale sur la condition humaine qui, comme le dit Frederic Beigbeder, s’apparente à une bible à l’envers qui montre, dans le détail d’infimes actes de survie, la déchéance de l’homme. Comme si le Diable s’était ingénié, tel une Pénélope malveillante, à détricoter au quotidien tous les ressorts de la condition humaine. Pour détruire ce qui fait notre humanité.

Primo Levi, mort en 1987, était juif, chimiste et italien. Continuer la lecture de Plongée dans le néant…

Volkswagen : anatomie d’une tricherie…

Volkswagen : ce groupe automobile est un rouleau compresseur. Il écrase tout avec ses nombreuses marques, Volkswagen, Audi, Skoda, Seat, Porsche, Lamborghini, Bentley, Ducati, Scania… Il est devenu pour beaucoup la quintessence de la qualité automobile et se positionne avec une arrogance assumée comme le premier, le constructeur le plus abouti, autrement dit « das Auto ». Un choix ultime qu’il serait de mauvais goût de contester…

Dans ce contexte, le reportage d’Arte « Heurs et malheurs d’un géant de l’automobile » apparaît comme un coup de tonnerre. Un formidable pied de nez d’un média à moitié allemand au consensus industriel teuton. Un film à voir impérativement…

Le scandale de la tricherie des émissions des Diesel Volkswagen a, certes, un peu occupé le terrain médiatique à l’automne 2015. Et puis le temps a passé, et les clients ont oublié. Continuer la lecture de Volkswagen : anatomie d’une tricherie…

Pimpesouée

Le mot est tombé en désuétude totale, mais il est simplement beau. Une pimpesouée est une femme qui fait la précieuse. On dirait aujourd’hui qu’elle se la pète. Moins élégant assurément…. Alors la prochaine fois que vous rencontrez une femme délicate qui se fait prier, dites-lui doctement : « arrête de faire ta renchérie et ta pimpesouée ! »… Vous êtes sûr de lui couper la chique. A défaut d’être compris…

Intermède d’humour

Elle a un charme fou et beaucoup d’humour… Livane est de ces jeunes chanteuses qui essaient de percer, donnent ici et là quelques représentations et s’appuient sur leurs textes pour trouver leur public…

En voici une belle illustration… Charme, séduction et bonne cuisine pour séduire la gente masculine. Elle sait rire de nos faiblesses….

Blog de Bernard ; traits d'humeur sur l'actualité