Digger, Drill baby, Drill….

Brutale ! La charge est brutale…

Voilà un film qui ne ressemble à rien, sinon une grosse farce potache, mais qui se révèle, au fil du récit, comme un brûlot crépitant de malice contre les Trumpistes, les pétroleurs, les climatosceptiques, les consommateurs engoncés dans leur petit confort, et de manière générale, les irresponsables de tous poils, concept qui ratisse très large, puisqu’il inclut également ceux qui s’accommodent passivement du réchauffement climatique. Cela allume des mèches un peu partout, et c’est jouissif de voir le feu d’artifice que cela provoque.

Comment mieux faire passer un message que par la satire, la grosse blague avec des personnages aux traits forcés, mais qu’on reconnaît parfaitement dans leurs postures ?… Ils sont tous dingos, des Américains outranciers, Républicains acharnés et sûrs de leur fait, qui se réfugient facilement dans la prière, mais n’entendent les injonctions que d’un seul Dieu, le Dieu Dollar.

Pour faire passer ce discours azimuté, deux acteurs parfaits, Tom Cruise, quasi non-reconnaissable, et parfait dans le rôle d’un magnat du pétrole qui tord le réel pour le soumettre à sa volonté ( scène du chat hilarante ). Pour l’appuyer dans ce propos déjanté, qui mieux que John Goodman, l’hilarant protagoniste du « Big Lebowski » en président des Etats Unis dépassé par les événements ? Sa prestation est proprement hallucinante, et c’est lui qui porte aussi sur ses épaules ce film crépusculaire.

Un film à tiroirs où l’on croit assez vite comprendre, mais qui réserve quand même de belles surprises. Autant le dire, le propos est apocalyptique, malaisant, mais raconté avec le sourire, la caméra scotchée sur les visages d’un aéropage de militaires et conseillers du Président qui foncent à tombeau ouvert dans le brouillard en klaxonnant. On ne peut pas s’empêcher de penser, dans le monde réel, à tous ces savants fous de l’IA qui développent rapidement une intelligence susceptible d’éradiquer l’humanité. La réalité n’est pas loin.

Il vaut mieux en rire, même si c’est un rire jaune. En tout cas, c’est puissant, et tous les contestataires de la défense de l’Environnement comme guide de vie suprême en prennent plein la musette. Ce film est d’abord politique ; il attaque comme un Rotweiller enragé, et ne lâche sa proie, à savoir nous-autres pauvres et pas si innocents spectateurs, qu’après les avoir déchiquetées dans un grand mouvement de mâchoires acérées. Les Européens rentrent au port après avoir été traités de « petits garçons qui pissent assis ».

Un grand déballage assez jouissif, mais qui ne donne pas très envie de revoir le film une seconde fois….