Calembredaines : deuxième bougie…

Deuxième année pour mon petit blog Calembredaines. Deux années que je m’astreins à écrire ce qui me fait vibrer. Raconter mes coups de coeur, mes joies, mes petits plaisirs, tout ce qui constitue le poivre et le sel d’une existence…

Plaisir hédoniste ? Sans doute… Mais j’adore écrire. Et à défaut de pouvoir avancer sur mon roman numéro 3, je m’exerce avec ce blog. C’est une forme d’entretien, comme une course de jogging pour maintenir en forme.

Hélas je n’ai pas réussi à faire de ce blog un lieu d’échanges. Personne ne réagit à mes messages. Je sais que j’ai des lecteurs. Mon compteur des visites tourne et accélère. Et grâce à Google Analytics, je découvre que mon audience va bien au-delà de Paris où j’habite et de Lyon où je suis né… Continuer la lecture de Calembredaines : deuxième bougie…

Le Capitaine Fracasse, cet inconnu

Il est de ces personnages de roman que nous croyons connaître. Des héros de cape et d’épée que nous connaissons par les films des années 50-60 en noir et blanc, avec le plus souvent, André Hunnebelle à la réalisation et Jean Marais dans le premier rôle. Mais nous mélangeons tout entre le Bossu, le Capitan, le Capitaine Fracasse, Cartouche, Scaramouche… Avant d’être un film, le Capitaine Fracasse était un livre. Un livre de Théophile Gauthier, un écrivain connu pour ce seul roman qu’il mit une vingtaine d’années à écrire. Un roman pour la jeunesse, dit-on. Est-ce vraiment le cas ? Combien de jeunes l’ont réellement lu ?

Cela faisait longtemps que j’avais envie de le lire car le nom de Fracasse avait sa part d’aventure, ce petit goût d’authentique qui tient une place dans notre imaginaire, comme un lien vers l’enfance. Encore fallait-il avoir le courage de plonger dans une oeuvre de 700 pages plutôt dense ? Continuer la lecture de Le Capitaine Fracasse, cet inconnu

Naissance d’une légende

« La promesse de l’Aube », mon roman préféré au cinéma… Quelle aubaine ! Le livre qui m’a fait vibrer, qui m’a ému, qui m’a emballé par son écriture soignée. Le livre incontournable de la littérature que j’ai vainement tenté de copier dans mon premier livre « le collectionneur amoureux ». Je suis un Gary(ste) convaincu, j’ai lu l’essentiel de son oeuvre, ses deux Goncourt bien sûr, mais aussi « l’éducation européenne », son premier livre et quelques autres. Le destin incroyable de ce petit Polak juif devenu Consul de France pour répondre aux rêves de sa mère, me fascine totalement. La vie de Gary est un roman fleuve. Le cinéma pouvait-il lui rendre justice ?

La réponse est oui. Je suis sorti les larmes aux yeux du film « La promesse de l’Aube ».  Un film qui est fidèle au livre, mais qui, plus que cela, donne envie de le (re)lire. Car le film est bien sûr réducteur. Quelle histoire incroyable !… Continuer la lecture de Naissance d’une légende

Etrivieres

Voilà un mot qui ne risque plus guère de refaire surface, car il est politiquement incorrect. Se faire donner les étrivières, c’est se faire battre à coup de sangle, cette même sangle qui suspend les étriers. Finalement ce n’est pas plus mal car les corrections physiques ne sont pas la meilleure façon de faire entendre raison. Mais il est encore permis de menacer des étrivières. Si la menace est bien perçue comme telle par l’interlocuteur lettré.

Le Lavoir moderne : comme dans un rêve

Depuis que je travaille et que je suis entré dans la vie active, j’ai une hantise : sortir d’un repas professionnel avec une tâche de gras sur ma cravate. Non pas que je craigne d’afficher pour le restant de la journée une tâche indélébile, mais plutôt parce que je sais que je vais devoir passer au pressing et enrichir mon teinturier au visage bronzé qui passe toutes ses vacances aux Antilles.

Si un métier restait à l’abri de toute pression concurrentielle, c’était bien celui-là. Soit on allait au « 5-à-sec », économique dans ses tarifs, mais jamais concluant dans ses résultats; soit on devait se résoudre à payer le quart du prix de sa cravate en frais de pressing. Et puis est arrivé une start-up salvatrice : le Lavoir Moderne… Continuer la lecture de Le Lavoir moderne : comme dans un rêve

« Les Gardiennes », comme les Glaneuses…

J’aime le cinéma qui prend des risques… Sortir un roman des années 20 de son anonymat (malgré le prix Goncourt qu’il a obtenu ) et raconter à sa suite une histoire totalement rurale des années de guerre14-18, on ne peut pas dire que Xavier Beauvois joue la facilité. Est-ce si étonnant de l’auteur des « Hommes et des dieux » ? Le pedigree de l’auteur et le sujet peu consensuel ont, en tout cas, suscité ma curiosité.

Ce film est très étonnant. Il est peu bavard, et l’action se traîne à un point qui peut relever d’un quelconque record du livre Guiness. La vie laborieuse, monotone et sans éclat des paysannes suppléant leurs hommes au front pendant les années de guerre remplit l’écran avec une sobriété qui confine à l’ascétisme. Continuer la lecture de « Les Gardiennes », comme les Glaneuses…

Boire, cela s’apprend…

Quel plaisir cela a été !… Une séance d’oenologie en famille sous le contrôle d’un maître, Pierre Jaboulet-Vercherre. Un orfèvre du vin qui nous a enchantés par ses talents de conteur et sa subtile pédagogie pour nous faire partager sa passion. L’homme est négociant depuis cinq générations. C’est peu de dire qu’il est passionné. Le vin est sa vie. Tout simplement…

Il collectionne des bouteilles, moins pour spéculer que pour les boire entre amis. Mais surtout il aime donner le goût du vin par des séances de découverte au sein de son atelier, « la cave de l’ange gardien ». Si ce nom est issu de son histoire intime, il n’en reste pas moins bien trouvé. Pierre est l’ange gardien des « amateurs ». Il éveille leurs papilles, il éduque leur goût, il prévient contre les pièges. Surtout il apprend que chacun doit former son propre goût et ne pas se faire tyranniser par les appellations, les prix et les étiquettes. Passionnant ! Continuer la lecture de Boire, cela s’apprend…

Le dernier Asterix : vers une renaissance ?

C’est un fait bien étrange. Une chose qui interpellerait tout extra-terrestre découvrant notre planète. L’être humain achète ses yaourts et ses petits pois dans un supermarché. Il trouve là tout ce qui est mangeable. Mais il arrive que le bipède faisant ses courses s’arrête devant une tête de gondole pour ajouter à son caddie, au milieu de ses victuailles, une bande dessinée probablement non comestible : le dernier « Asterix ».

C’est un achat d’impulsion qu’on fait par fidélité à ses plaisirs d’enfant, même si les deux derniers albums n’ont guère été emballants. Les distributeurs l’ont bien compris qui placent l’album dans des lieux inattendus. On achète le dernier Asterix comme on cède à un besoin pressant. Continuer la lecture de Le dernier Asterix : vers une renaissance ?

Je suis tombé amoureux…

C’est une merveille !… Une pépite bien enfouie dans la toile et que, par le hasard d’un surf, vous découvrez de manière impromptue. Une vidéo de Haley Reinhard, jeune chanteuse à la voix envoûtante qui a repris de très nombreuses chansons mythiques du répertoire pop américain, avec un résultat sidérant qui fait presque oublier l’original.

La beauté d’une voix, c’est un ressenti très personnel. Ainsi, par exemple, je n’ai jamais vibré à celle d’une grande chanteuse canadienne aux multiples succès. Par contre, une chanteuse plus obscure comme Gil Caplan m’a toujours pris aux tripes, au point que je cumule ses albums.

Mais pour définir la vidéo ci-dessous, il n’y a pas de mots. C’est la vidéo aux 40 millions de vues, et on en redemande. Continuer la lecture de Je suis tombé amoureux…

« Maryline », l’eau d’un puits profond…

Ce film m’a touché… C’est un superbe portrait de femme, authentique et puissant, porté par une jeune actrice incroyablement talentueuse. N’importe comment, un film de Gallienne ne peut pas être autre chose que profond, tant il est vrai que l’auteur des « Garçons et Guillaume, à table » sait merveilleusement capter les tréfonds de l’âme. Ce petit rien qui est le ressort de chacun.

Dans le cas de cette jeune femme, on le découvre lentement, car le personnage est mutique et fermé. Il s’en dégage une douleur secrète, un manque de confiance en soi, une pulsion destructrice… Gallienne nous promène de scènes en scènes, avec à chaque fois, une tension latente. Le spectateur Continuer la lecture de « Maryline », l’eau d’un puits profond…

Borg/McEnroe : duel au sommet…

Le film est surtout un bain de jouvence pour replonger dans ses jeunes années. Qui ne se souvient pas de cette finale 1980 incroyable où le nom du vainqueur semblait l’enjeu d’une rivalité entre les dieux ? Apollon du côté de Borg, demi-Dieu viking vénéré des filles qui était d’un calme olympien. Dionysos du côté de McEnroe, roi de la folie et de la démesure qui promenait une réputation de sale gosse mal élevé, « superbrat » pour les English, soit « sale morveux ».

Je me souviens bien de ce match et de son indécision totale. Sans doute un des plus grands matchs de tennis de tous les temps. Fallait-il en faire un film, selon cette mode tyrannique du biopic qui veut remettre en image toutes les célébrités passées? Continuer la lecture de Borg/McEnroe : duel au sommet…

« L’Enigme de la Diane », dans le bain de la Royale

Je suis toujours impressionné quand un auteur arrive à marier deux talents : le talent du raconteur d’histoire avec celui de l’historien. Ecrire sur une période qui n’est pas la sienne n’est pas un exercice mineur. Il faut préalablement se rebaigner dans l’époque, collecter des informations, lire des écrits de l’époque, retrouver l’esprit du moment, et parfois aussi la langue. Tout en trouvant une trame qui puisse capter l’attention du lecteur contemporain. Un sacré défi…

Nicolas Grondin, breton d’origine, passionné de livres, s’est attelé à la tâche en 2010 avec un roman visant à ressusciter la Marine Royale de Louis XVI, « L’Enigme de la Diane ». L’histoire d’un jeune garçon, embarqué de force dans une frégate royale en mission pour les Antilles, qui va découvrir la vie de marin sur un navire de guerre où la vie humaine ne pèse pas lourd, mais qui sait faire naître une incroyable solidarité.

Ce livre est incroyable Continuer la lecture de « L’Enigme de la Diane », dans le bain de la Royale

Sur les traces du grand Charles…

Partir pour Colombey-les-deux Eglises, c’est comme une expédition lointaine… L’Aube et Troyes sont des paysages de connaissance, mais au-delà de la Forêt de l’Orient, en poussant plus à l’est, on s’enfonce dans un département français rural, forestier, peu peuplé, qui semble ne guère avoir bougé depuis des siècles : la Haute Marne ( 52 )… Ses villes, Langres, Saint Dizier, Chaumont fleurent bon la France profonde, mais ces lieux ne sont guère des points d’attraction, ni des étapes vers d’autres lieux…

C’est pourtant dans ce coin de France que notre plus grand Président, Charles de Gaulle, s’est enraciné. Il goûtait à son silence et à sa ruralité. C’est là qu’il est enterré, près de sa maison, la Boisserie que nous connaissons tous de nom. Son repaire, Colombey les deux Eglises, village au nom étrange, a souvent éveillé ma curiosité, quand j’étais enfant. Il m’a fallu longtemps pour que je me décide enfin à assouvir cette curiosité… Je n’ai pas été déçu ! Continuer la lecture de Sur les traces du grand Charles…

Sus aux butors !…

L’affaire Weinstein provoque un raz-de-marée incroyable dans notre société. C’était comme si une digue avait cédé, la digue de l’omerta et de la honte. Les femmes se mettent à parler, à dénoncer, à montrer du doigt les hommes aux pratiques indignes. Le harcèlement sexuel est partout, et on voit tomber comme au champ de foire les têtes d’un acteur, d’un homme de radio, d’un producteur, sans parler d’hommes politiques qui avaient déjà suscité l’opprobre pour leur tyrannie auprès de leurs collaboratrices.

On savait que le monde des starlettes était celui des faveurs sexuelles monnayées. C’est un choc de découvrir qu’une star mondiale comme Juliette Binoche a expérimenté des pressions similaires, sans vraiment découvrir si elle y a cédé ou non. Le monde des médias est-il si pourri ? Continuer la lecture de Sus aux butors !…

« Au revoir, là-haut » : simplement parfait…

C’était évident !… Le prix Goncourt 2013 de Pierre Lemaître était un tel enchantement qu’un film devait suivre. Oui, mais pas n’importe quel réalisateur. Le livre était dense, profondément humain et comportait sa part de subversion et de douce folie qu’il fallait préserver. Albert Dupontel semblait taillé pour un tel défi. Et force est de reconnaître qu’il s’en acquitte superbement…

Sa réalisation est riche, et en même temps concentrée sur l’essentiel du roman. La scène de guerre du début, d’une extraordinaire sauvagerie campe bien le récit dans son jus psychologique. De même, le songe du jeune mutilé dresse en quelques jolies images sépias les relations familiales tendues qui sont le ressort essentiel de toute l’action. Bravo Continuer la lecture de « Au revoir, là-haut » : simplement parfait…

Des mots pour le dire…

Le Point de cette semaine titre sur les menaces pesant sur la langue française. Vaste sujet ! L’interview d’Alain Borer dans ce même magazine mérite vraiment le détour. Il a, à mes yeux, parfaitement raison… Au delà des emprunts à l’étranger qui font partie de l’évolution naturelle d’une langue, notre français est envahi par ce qu’il appelle « l’angloglobal » qui vise à se substituer à notre langue par l’invasion de mots qui font plus branchés, plus dans le coup et éclipse gentiment nos propres mots. Ainsi en est-il de « booster » « positive attitude » »low cost » « selfie » « silver economy » « spoiler »… La mondialisation est passée par là et sa conséquence naturelle, la colonisation de l’anglais dans les milieux économiques. Hélas, elle s’élargit aux autres sphères de la société comme une encre noire sur un buvard tendre.

Les tentatives de résistance sont faibles ( « courriel » pour désigner un mail ) car, à l’inverse de nos amis canadiens, nous n’avons pas la passion de notre langue chevillée au corps. Continuer la lecture de Des mots pour le dire…

Kingsman : nouvel opium du peuple…

Une nouvelle franchise du cinéma d’action est née : Kingsman 2 confirme les promesses du 1 ! On n’avait plus vu cela depuis Jason Bourne… Honnêtement j’ai pris autant de plaisir à ce « Cercle d’Or » qu’au premier opus, même s’il n’y avait plus l’effet de surprise du ton décalé. Assurément la griffe de la marque !…

Kingsman 2 se renouvelle bien, tout en faisant des jolis clins d’oeil au premier numéro avec, en particulier une bagarre dans un bar qui rappelle quelque chose… Dans le même registre, il y a aussi l’exploitation identique du thème des addictions populaires : le téléphone mobile dans le premier, les drogues douces et dures dans le second. Kinsgman tisse sa trame en exploitant nos faiblesses, et le fait avec toujours ce petit ton de dérision qui rend le propos irrésistible. Continuer la lecture de Kingsman : nouvel opium du peuple…

Blog de Bernard ; traits d'humeur sur l'actualité