Archives de catégorie : Politique

Mort d’un idéologue

Il est mort… C’est peu de dire que je ne pleurerai pas sur sa dépouille. Cet homme, raide quoique courtois, a été l’homme que j’ai le plus détesté au début de ce siècle.

Je considère qu’il est le fossoyeur de notre industrie, tombée au plus bas depuis l’adoption des 35 h. Une loi dont les historiens ont montré qu’elle a été adoptée sur un coin de table, comme des enfants se challengeant entre eux « t’es pas cap »… Aucune étude d’impact, aucune analyse de l’environnement concurrentiel, rien… Juste l’idéologie appliquée à ce qui est le gagne-pain de millions de Français…

Et c’est un fait que depuis 2001, toute notre industrie se délite. Notre automobile qui faisait jeu égal avec l’Allemande au début du siècle, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Notre balance commerciale est dans les abysses. Notre voisin l’Italie que nous regardions avec condescendance, a une industrie qui représente 22% de son PIB, contre à peine 13% chez nous. Et leur balance commerciale est largement excédentaire.

Cette comparaison expresse montre que cela n’a rien avoir avec la concurrence asiatique. Non, nous sommes victimes d’une orientation politique funeste, d’une défiance par rapport à l’économie et d’une perte de toute préférence nationale. Car, à cet handicap donné à nos industriels ( exemple des 35 h suivi par aucun autre pays d’Europe ), le consommateur français en rajoute en étant le peuple le moins nationaliste dans ses achats. Regardez la marque de votre véhicule dans son garage et surtout son origine… Un vrai naufrage collectif !….

Pourquoi tous les successeurs n’ont pas abrogé cette loi délétère, c’est là la grande question. La preuve que notre classe politique dans son ensemble est défaillante, et qu’elle ne sait pas s’attacher à la vérité des chiffres pour continuer à rester dans le monde des rêves et des fantasmes.

Sabordage digne et sobre…

Je n’ai jamais trop porté l’homme dans mon coeur. Trop politicien pour essayer de construire ce centre vers lequel personne ne penche naturellement. Sa personnalité faible, et en même temps autoritaire, n’a jamais permis de créer l’adhésion des foules. Son ambition a toujours été un peu malsaine, car il la cachait, contrairement à d’autres qui estimaient y penser « en se rasant ». Enfin l’absence de charisme le condamnait, dans un pays qui ne se laisse séduire que par la fougue, le verbe et la sympathie.

Pourtant, il a osé prendre un poste impossible, il y a neuf mois. Un siège éjectable. Un essaim de frelons. Un pari impossible… Le voilà promis à la chute, alors que son bilan est très maigre. Tout ça pour ça ?

Son discours qui a précédé sa question de confiance, mérite d’être entendu de tous. C’est un discours de haut-vol qui m’a réconcilié – un peu tardivement – avec l’homme. On comprend mieux ce qui le motive à « aller au casse-pipe ». Il y tient un propos sobre, profond et plein de sens. Un appel à la responsabilité qui s’adresse à chacun, loin des querelles de parti. Dans une Assemblée traditionnellement chahuteuse, son dernier quart de discours se tient dans un profond silence. Il y a des accents de de Gaulle et de Mendes-France dans ce discours.

Je doute, hélas, qu’il remporte son pari. Il va partir, mais avec panache. Bravo monsieur le premier ministre… Vous méritiez que les Français vous réservent un meilleur sort.

Reste à des partis inconciliables d’essayer de trouver un compromis. Notre avenir s’assombrit de jour en jour, au fur et à mesure que le grand compteur de la dette s’emballe. Un jour de tristesse…

Lettre adressée à Eric Ciotti

Cher Monsieur

Je suis un libéral, défenseur des idées que vous portez, et avant vous Monsieur Fillon.

J’ai récemment adhéré au Parti Républicain pour participer aux dernières élections et peser dans le scrutin. Mon candidat n’a hélas pas gagné, mais en bon démocrate, je suis sans états d’âme le président que le parti s’est donné. Vous avez donc mon plein soutien.

Dans le débat sur les retraites, je ne comprends pas les hésitations et les prudences de chaisières du LR. C’était une mesure qui figurait en top de liste du programme de M. Fillon, et après lui de Mme Pecresse. Toute autre attitude qu’un vote positif relèverait du déjugement et du calcul politique minable.

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POUR moi ce sera (toujours) elle…

La campagne se termine… A-t-elle vraiment commencé un jour ? Nous entrons dans un nouveau quinquennat sans vrai débat de société. Le président sortant a annoncé qu’il se représentait au dernier moment, limitant le débat à quelques jours. La nécessaire respiration politique s’est limitée à quelques inspirations. Pendant ce temps, la candidate de droite portant un vrai projet alternatif s’est usée à échanger des noms d’oiseaux avec les extrêmes de droite et de gauche, dont le programme conduirait le pays au désastre. Il y a un vrai facteur sclérosant à débattre avec des populistes. On y perd sa foi, son entrain, sa virginité. Cela revient à se positionner sur des faux problèmes, pas sur ce qui importe.

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Pecresse dans le texte

Extraits de l’interview du Figaro Magazine ( 11 Mars 2022 )

« La compétitivité de la France n’a cessé de se dégrader. Avec une dette qui s’est envolée et un déficit de la balance commerciale de 85 milliards d’Euros. C’est un drame français qui montre que nous avons perdu notre souveraineté en matière industrielle »

« Au lieu de réformer, on a eu cinq années de fuite en avant de la dépense publique et de la dette« 

« Une peine minimale d’un an de prison ferme sera instaurée pour tous ceux qui s’en prennent aux figures de l’autorité. Je n’accepte plus que ceux qui défendent la loi et l’ordre soient agressés »

« Ma France n’est pas communautarisée, elle a une identité, une culture et des valeurs républicaines »

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Pour moi, ce sera elle

Les Primaires sont un drôle d’exercice. Un vote avant l’heure pour choisir son candidat ou sa candidate parmi tous les impétrants au poste de Président. Le job est le plus dur et le plus ingrat qui soit. Et pourtant, ils sont nombreux à le briguer. Envie d’en découdre vraiment ? Ou plutôt goût immodéré pour le pouvoir et tous ses attributs ?… J’ai été éberlué par les Chirac, Hollande ou Macron qui ont conquis le pouvoir de haute lutte pour ne pas en faire grand chose après. Gérer la chose publique, c’est assurément prendre des décisions fortes, jouer collectif, expliquer, convaincre, fixer des horizons. Vaste programme ! comme aurait dit le Général…

La France est un pays difficile à gouverner.

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Bal tragique au Conseil Constitutionnel : un mort…

Le titre irrévérencieux du Canard Enchaîné lors du décès de De Gaulle m’a inspiré… La mort de Giscard est un événement qui va faire couler beaucoup d’encre dans un pays qui se complaît dans les commémorations en tout genre. Tout le monde va se fendre d’un billet, d’un souvenir, d’un hommage appuyé au grand homme. Comment rester étranger à l’exercice ? Comment ne pas exprimer son ressenti devant le bilan d’un homme qui a été, sept années durant, le premier d’entre nous ?

Pourtant, alors que je suis un homme de droite, l’événement me laisse froid. Giscard était mort, à mes yeux, depuis longtemps. Non pas en 1981, sa courte défaite était compréhensible après la crise issue du choc pétrolier. Mais plutôt après, quand il n’a rien entrepris pour fédérer les siens, et qu’il a fini par agacer tout le monde par son arrogance et son hauteur de vue qui ne le rendait guère accessible. Les médias nous racontent l’histoire d’un homme aimant les petites gens et qui a cassé le sacre de la communication politique quelque peu empesée de ses deux prédécesseurs. Un homme moderne qui parlait à tous. Ce n’est pas faux, mais comment juger l’homme d’hier, sans intégrer celui qu’il a été après ?

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Lettre à mon député…

Electeur de votre circonscription, je tiens à vous exprimer solennellement mon exaspération de citoyen face aux exactions du week-end de prétendus « Gilets Jaunes ». Des actes de barbares et de casseurs qui n’ont rien à voir avec la liberté de manifester.

Notre société est tellement empêtrée dans ses bons sentiments qu’elle ne sait plus se faire respecter. Nous tolérons l’inacceptable sans réaction. Nous avons plus la force de faire respecter le droit à la propriété et à la sécurité qui sont des droits aussi inaliénables que le droit d’expression dans notre Constitution. Continuer la lecture de Lettre à mon député…

Analyse d’un crash…

Il était un amateur de courses automobiles. Un fou de vitesse implanté – est-ce un hasard ? – dans la Sarthe, berceau des fameux 24 h du Mans. Un homme politique pondéré qui semblait bien maîtriser les puissantes mécaniques. Il nous a fait pourtant la plus belle sortie de route politique de ces dernières années.

Cela fait juste un an. Presque une éternité… L’eau a coulé sous les ponts depuis. Mais BFM TV a souhaité analyser les événements avec le recul du temps pour comprendre comment un tel crash avait été possible. L’homme étant maintenant retiré de la vie politique, les paroles se sont libérées. Ce qui permet de rentrer au coeur des événements, avec les commentaires encore tièdes des principaux protagonistes. Exercice donc particulièrement intéressant, d’autant que le reportage garde une certaine neutralité. Continuer la lecture de Analyse d’un crash…

Je suis un (nouveau) macroniste !…

L’interview d’Emmanuel Macron, ce dimanche soir, sur TF1 a été un grand moment de communication politique. Un très bel exercice qui a achevé de me convaincre que nous avions un grand président. Un homme que j’ai pourtant combattu lors du premier Tour de la Présidentielle. Mais le temps a passé. L’homme se bonifie; il s’est glissé habilement dans les habits de la fonction. Il a poli son discours au contact de la réalité du pouvoir. Et surtout, il aborde les problèmes du pays avec pragmatisme et réflexion.

Quel plaisir de l’entendre parler d’économie avec la métaphore de la cordée d’alpiniste !… Dire que nous sommes tous liés pour arriver au sommet, le chef d’entreprise comme premier de cordée pour tailler le chemin, mais aussi l’ouvrier, le retraité et tous les autres comme membres à part entière de l’expédition. Si l’un chute, toute la cordée chute. Et sans chef de cordée, Continuer la lecture de Je suis un (nouveau) macroniste !…

Analyse du phénomène Mélenchon

Melenchon : le personnage intrigue et fascine. Que vaut-il ? Mérite-t-il la popularité qui est la sienne ? Une virée sur son blog m’a permis de mieux appréhender le personnage. J’ai bien sûr quelques a priori, voire des préventions contre lui, mais j’ai essayé de lire sa prose avec objectivité.

Son blog contient toutes sortes d’intervention : à l’assemblée nationale, dans les médias ou des écrits sur l’actualité du mouvement des Insoumis. Il y a de la matière ! On sent que ce blog est un outil de conquête à part entière. D’ailleurs, un bloggeur politique expert reconnaissait que Melenchon était celui qui avait le mieux saisi le type de communication pertinent sur le net. Un langage direct, une forte proximité, une conversation à bâtons rompus qui ne n’assène pas des messages, mais les distille subtilement. Enfin et surtout, Continuer la lecture de Analyse du phénomène Mélenchon

Gaspard Koenig : démonstration brillante

Il était venu parler de la notion de la responsabilité. Il nous a fait un cours de philosophie de très haut vol…

Gaspard Koenig ( 35 ans), normal sup, agrégé de philo, fondateur du Think-tank « Génération Libre » est un pur produit de notre école Républicaine dans ce qu’elle a de meilleur. Une tête bien faite, une pensée limpide qui vous fait aimer les beaux rouages de l’intelligence. Une modestie qui n’est pas feinte, teintée d’une capacité rare à rire de soi.

La responsabilité et le sens des responsabilités. Voilà bien un sujet passionnant. Plus on avance dans cette notion, plus on découvre que c’est une ligne de fracture nette dans le monde politique. Je dirai même un élément primordial autour duquel s’articule tout l’échiquier politique.

Je vais essayer Continuer la lecture de Gaspard Koenig : démonstration brillante

Après le tremblement de terre du 1er Tour…

On peut dire que ce fut une belle lessive !… La déroute du PS, le naufrage des Républicains, la mort politique de nombreux éléphants qui écrasaient de leur présence tout le débat politique… Ils sont tous groggy dans les anciens partis, alors que chez la République en Marche, ils dansent la carmagnole. Sacré retournement de  situation…

Mais comment s’étonner ? Après tout, c’est la sanction de l’échec. Comme dans tout organisme vivant, on rejette les cellules faibles, celles qui ne servent à rien. Celles qui ont échoué à renforcer le système immunitaire de la France. Cela faisait trop longtemps qu’ils s’accrochaient à leurs postes, alors que leur bilan était pitoyable.

Je n’aurais aucune compassion pour Continuer la lecture de Après le tremblement de terre du 1er Tour…

Et maintenant ?….

Et maintenant… Que va-t-on faire, pour paraphraser la chanson de Gilbert Becaud…

C’est d’abord un soulagement. Nous avons réussi à écarter le Front National qui n’apporte aucune solution, et n’est que l’expression du désarroi de nombreux Français par rapport à l’évolution d’une société dont ils se sentent écartés. Le FN n’a pas vocation à gouverner. Il est juste le marqueur des échecs des partis de gouvernement. Retrouvons l’efficacité, ce thermomètre baissera comme par enchantement…

Le président Macron a donc un sacré chantier devant lui : Continuer la lecture de Et maintenant ?….

le long plaidoyer de Denis Payre

Ma décision pour la Présidentielle

 La France vit actuellement un moment historique avec un risque réel de basculement vers le chaos, de connaître un Juin 40 économique. Quatre candidats à l’élection présidentielle sont dans un mouchoir de poche et deux de ces candidats sont susceptibles de détruire notre économie et probablement avec, la liberté et la démocratie car le chaos économique entraîne en général aussi le chaos démocratique. J’estime de mon devoir de m’exprimer pour tenter de contribuer à mon humble niveau à éviter le pire dans un contexte où chaque voix va compter. Je précise que l’opinion que j’exprime ici n’engage que moi. Nous Citoyens que j’ai fondé a choisi de rester neutre qui est une décision que je respecte bien sûr. Le mouvement pense comme moi que seulement deux candidats sortent enfin du déni de réalité, j’ai décidé de soutenir celui des deux qui a le programme le plus adapté à la gravité de la situation selon moi. Continuer la lecture de le long plaidoyer de Denis Payre

Les promesses du Mayflower

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire suivre le formidable éditorial de Didier le Ménestrel, directeur de la Financière de l’Echiquier.

Dans ce document, il nous appelle à prendre de la hauteur dans le débat politique, en rappelant les prophéties de Tocqueville. Autant le dire tout de suite, c’est du débat d’altitude !… Merci à lui d’avoir extrait des oubliettes de l’histoire ce joli précepte : « le plus grand soin d’un bon gouvernement devrait être d’habituer les peuples à se passer de lui ».

Hélas, on n’en prend pas le chemin dans notre belle France où l’Etat veut tout régenter, et n’est jamais assez gros pour les extrêmes de droite comme de gauche. Tocqueville était pourtant français, mais il n’est pas prophète en son pays, on peut le regretter…

En tout cas, j’aime à découvrir Continuer la lecture de Les promesses du Mayflower

Petit manuel d’économie à l’attention d’électeurs déboussolés

Mais qu’est-ce qu’ils nous font tous ? Ont-ils pété les plombs ? Plus de la moitié des Français sont prêts à voter pour les extrêmes. Y a-t-il chez mes compatriotes une telle volonté de se faire mal ? Une envie de tout faire exploser, un hara kiri collectif… J’ose espérer que ces votes désabusés sont juste un défoulement, ou encore l’expression d’une méconnaissance de l’économie. Alors, rappelons quelques faits, en quelques mots bien simples.

Notre pays va mal. Beaucoup plus mal que ses voisins. La faute à 40 années de laxisme qui nous aura vu dépenser, tous les ans, beaucoup plus que ce que nous gagnons. Aujourd’hui, pour 100 euros de recette fiscale, l’Etat dépense 126 euros (!).  Nous avons accumulé une dette de 2200 milliards euros qui représente 95% du Produit Intérieur Brut( PIB ), soit la richesse de la nation. Chaque bébé qui naît a dès sa naissance une dette de 30.000 euros.

Y a-t-il lieu de s’inquiéter ? Continuer la lecture de Petit manuel d’économie à l’attention d’électeurs déboussolés