Archives de catégorie : Litterature

Un autre Bernard amoureux des mots

C’est un magicien des mots, un homme médiatique qui s’est mis au service de notre langue de la plus belle des façons. Bernard Pivot est mon maître… Malgré ses 81 ans, il garde toute sa verve. C’est un excellent conteur et un esthète de l’orthographe. Il faut l’entendre parler de l’Académie Française pour déplorer que des mots ne soient pas introduits dans le dictionnaire, comme le savoureux mot africain « girafer » qui veut dire « copier sur son voisin ».

Et la réforme de l’orthographe ? Quelle ineptie… Vous imaginez le mot « coït » perdre son tréma pourtant si imagé ? Ou le féroce rhinocéros sans le « h » qui lui donne toute sa force ? Ou encore le mot femme devenir « fame », ce qui privera tous les petits garçons de cet avertissement sans frais comme quoi avec les femmes, les choses sont loin d’être simples ?

Non assurément, la voie de la paresse n’est pas la voie royale, Continuer la lecture de Un autre Bernard amoureux des mots

Fête du Livre de Talloires : un rendez-vous réjouissant…

La fête du Livre de Talloires est toujours un événement festif pour les amateurs de livres. C’était ce week-end la 6ème édition avec un plateau prestigieux : Didier van Cauwelaert, Anne Goscinny, Yann Queffelec, Jean-Michel Ribes, Marie Nimier, Camille de Peretti, Bernard Pivot, Guillaume Musso, Michel Field, Guy Bedos, Alexandre Lacroix, Antoine de Meaux, etc… Ils étaient 25 auteurs, jeunes débutants ou vieux routiers des cafés littéraires, à avoir fait le déplacement. Il faut dire que les auteurs sont choyés pendant deux jours et la dédicace de leur livre se fait au bord du lac d’Annecy dans un lieu enchanteur. Comment ne pas vouloir joindre le plaisir à l’agréable ? Les auteurs sont maintenant nombreux à se passer le mot…

IMG_0078

En plus, chaque auteur est sollicité Continuer la lecture de Fête du Livre de Talloires : un rendez-vous réjouissant…

« Les Plantagenêts » : encore mieux que la légende !

C’est un sacré pavé à lire… Mais cela vaut mieux que tous les « Games of Thrones » !

Un historien britannique nous raconte l’histoire de la dynastie Plantagenêt qui fut à la base de la création de l’Angleterre. Et quelle histoire !… Le Moyen Age est une période passionnante, d’une richesse infinie avec des destins à peine croyables. Notamment celui d’Alienor d’Aquitaine, mariée au Roi de France Louis VII, qui après avoir divorcé ( on parlait alors de répudiation ) va épouser, en secondes noces, le Roi d’Angleterre Henri II. Le premier roi Plantagenêt, qui s’appelait ainsi car son père Geoffroy aimait à porter une fleur jaune dans les cheveux, un genêt ( planta genista en latin ). Les deux époux sont réunis pour l’éternité à Fontevraud où l’on peut voir deux gisants magnifiques.

L’histoire est belle et elle se poursuit avec la même intensité pendant les plus de 700 pages du bouquin… On y découvre les croisades, Richard Coeur de Lion et la légende d’Arthur… Un Arthur qui Continuer la lecture de « Les Plantagenêts » : encore mieux que la légende !

L’Huître de Ponge : un délice grammatical

« L’huître, de la grosseur d’un galet moyen, est d’une apparence plus rugueuse, d’une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C’est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l’ouvrir : il faut alors la tenir au creux d’un torchon, se servir d’un couteau ébréché et peu franc, s’y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s’y coupent, s’y cassent les ongles : c’est un travail grossier. Les coups qu’on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d’une sorte de halos.
A l’intérieur l’on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d’en dessus s’affaissent sur les cieux d’en dessous, pour ne plus former qu’une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l’odeur et à la vue, frangé d’une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d’où l’on trouve aussitôt à s’orner. »  Francis Ponge – « le parti pris des choses »

Continuer la lecture de L’Huître de Ponge : un délice grammatical

Delphine: ta réalité me bluffe…

En 2011 une comète était passée dans le ciel de l’édition avec  « Rien ne s’oppose à la Nuit » ( Edition Jean Claude Lattes ). J’ai assisté à ce spectacle prodigieux en acquérant le livre. Ce fut une révélation !… J’ai été très touché par ce qui s’apparente au plus bel hommage qu’un enfant puisse faire à sa mère. Sans doute le livre le plus intimiste et le plus authentique jamais écrit. C’était splendide. Finement ciselé dans une écriture de dentelle, un travail qui forçait le respect par l’analyse psychologique qu’il révélait. Delphine de Vigan s’était fait mal à raconter sa famille. On imaginait à quel point cela avait pu être douloureux d’explorer le passé, en quête d’informations sur l’auteur de ses jours, une personne au destin tragique qui se révélait finalement plus méconnue qu’elle ne l’aurait souhaité. Le déballage était impudique, mais d’une puissance narrative bluffante. D’ailleurs, pour rester dans l’histoire au-delà du livre, Continuer la lecture de Delphine: ta réalité me bluffe…

Edouard, sublime as usual…

Connaissez-vous Edouard Tetreau ? Sans doute pas comme la majorité des Français. Mais ce financier de 45 ans est une célébrité dans le monde de la Finance de Marché. Un garçon étonnant… En mars 2000, il a prévu la chute des valeurs internet. En mai 2006, il a annoncé – avec un peu d’avance – une correction inévitable, suite aux égarements des sub-primes de la finance américaine. Mais surtout, son fait de gloire remonte en mars 2002 Continuer la lecture de Edouard, sublime as usual…

Ode au grand Schmitt ( 2 )

imgres-1imgres

Comment raconter « La Nuit de Feu » ? Ce livre est le récit autobiographique d’une expérience. Une expérience personnelle qui a façonné la personnalité de l’auteur, alors qu’il était jeune adulte. Une aventure forte, de celles pour lesquelles plus rien n’est comme avant…

Schmitt fait, en effet, dans ce livre le récit de sa rencontre avec Dieu. Pas moins que cela !… Il est vrai que Schmitt n’en est pas à son premier coup d’audace. Dans son livre « L’évangile selon Pilate », paru en 2000,  il racontait la vie de Jésus à la première personne du singulier. Mieux ne vaut pas se rater quand on prend un pari aussi radical. Il l’avait pourtant gagné haut la main…

Ce nouveau livre prend une tournure plus intime. Continuer la lecture de Ode au grand Schmitt ( 2 )