Vie Privée, suspense un peu facile

Un film un peu déroutant…

Une Jodie Foster très solide en psychanaliste ayant ses propres failles ; une histoire de suicide présentant des apparences douteuses ; un mari ( Mathieu Almaric ) aux yeux révulsés de colère et au comportement excessif; une incursion dans l’hypnose qui dévoile des images du passé ; un inconscient à fleur de peau ; une série d’incidents qui déstabilise la rationalité de l’enquêtrice.

Tous les ingrédients sont là pour une montée en puissance presque hitchkokienne. Et pourtant, cela ne marche pas totalement. Les ficelles sont un peu grosses. Une image crépusculaire, de la pluie continuelle et surtout une musique envahissante, parfois agressive, qui meuble le moindre temps mort, tout semble fait pour mettre le spectateur sous tension. Mais l’histoire n’est pas assez charpentée pour justifier cet étalage de suspense, et cela fait un peu flop…

Heureusement notre Jodie tient bien la route, et quand un sourire apparaît sur son visage tourmenté, le récit s’offre un intermède précieux. Surtout, la complicité avec Daniel Auteuil est réjouissante. De même que le silence effaré du fils Vincent Lacoste face à une mère hallucinée, en roue libre… On se laisse porter donc, malgré tout.

Au final, notre réalisatrice s’aventure sur un terrain ardu, celui de l’irruption de l’inconscient dans le quotidien d’une femme de santé, en espérant qu’une actrice de premier plan et des vieux trucs de réalisation réussiront à façonner une histoire. C’est moitié réussi, mais du fait de la qualité de l’interprétation, cela vaut bien mieux que la moyenne….