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Un grand Lyonnais n’est plus…

Posted by Bernard on janvier 20, 2018 in Accueil, Actualité |

C’était un Seigneur… Un prince de la gastronomie qui a donné des lettres d’or à la table lyonnaise. Il aura fait connaître dans le monde entier les richesses de la grande cuisine française, contribuant à faire de notre pays le premier dans les métiers de la haute restauration. Tous les grands chefs sont passés dans ses cuisines. Il a formé les plus grands…

C’était un homme modeste, passionné de son métier. Son restaurant de Collonges au Mont d’Or était le Graal dans mes jeunes années. Un dîner dans son restaurant paraissait être le plus beau cadeau possible. Ce restaurant magnifique aux couleurs chatoyantes faisait rêver. Aurions-nous un jour la chance d’y déjeuner ?

Mais c’était un rêve inaccessible. Plus que le prix, c’était le mythe autour du personnage qui nous arrêtait. Dans une ville qui a érigé la discrétion en guide de vie, il avait pris une aura internationale qui en imposait trop. Nous nous interdisions le plus grand cuisinier du moment pour ne pas faire partie des privilégiés qui fréquentaient la maison vert et rouge des bords de Saône.

Et pourtant, si l’homme a bien mené sa barque, il n’était pas ce que son titre de meilleur cuisinier mondial sous-entendait en terme de vanité et de suffisance. L’homme était jovial, débonnaire et simple. Un artisan qui chérissait sa ville et qui participait à tout ce qui pouvait l’élever. Un homme qui connaissait tout le monde et avait une mémoire d’éléphant…

J’ai fini par venir chez lui, un jour de janvier 2004. Dans des circonstances très particulières puisque c’était pour déjeuner en famille avec mon père, malade et condamné. Il allait mourir trois mois plus tard et ce déjeuner chez Bocuse était sa dernière escale gastronomique. Ce fut un grand moment de communion familiale. Un déjeuner brillant par son classicisme, mais une émotion partagée. Comme la réalisation d’un vieux rêve…

Le vieux cuisinier qui était déjà en quasi vacances de ses cuisines, n’avait pas manqué de venir nous saluer, en fin de déjeuner. Comme le grand Seigneur qu’il était… Nous avions parlé de mon grand oncle, mort il y a longtemps et qui était un de ses proches. Il s’en souvenait bien et ce rappel nous avait classés, nous les anonymes, parmi les grands amis de Lyon. Nous avions été bien bêtes d’éviter le meilleur des cuisiniers par la fausse idée que nous avions de lui.

J’imagine qu’ils sont nombreux là-haut à fêter son arrivée. Ils les a rendu tellement heureux…

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