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Salinger, écrivain sur-estimé ?

Posted by Bernard on février 3, 2019 in Accueil, Mes lectures |

Le voilà ce fameux chef d’oeuvre d’un écrivain maudit, Jerome David Salinger. Un écrivain mystérieux qui n’a écrit quasiment qu’un livre, « l’attrape-coeurs », avant de s’enfermer dans un anonymat de misanthrope endurci. Un livre que dans les écoles américaines, on lit consciencieusement. Les jeunes Américains grandissent avec ce livre. C’est une brique majeure du monument de la littérature américaine. Avec une telle réputation qui le précède, la déception n’en a été que plus forte !…

Ce livre est très pénible à lire. Son écriture parlée, avec une grammaire à la-va-comme-je-te-pousse, est très irritante pour un lecteur français, habitué des belles lettres. Certes, Salinger a voulu totalement rentrer dans son personnage. Il ne le raconte pas, il le vit de l’intérieur; il nous fait partager toutes ses pensées, il se fait l’interprète des hésitations et du mal de vivre d’un jeune de 17 ans. C’est puissant comme style, mais on est très loin d’un Alain-Fournier dans le « Grand Meaulnes » ou d’un Raymond Radiguet dans son « Diable au corps ». Tous deux traitent aussi des interrogations face à la vie que se pose un adolescent. Mais avec un style beaucoup plus pur qui motive et suscite l’enthousiasme. Ce n’est pas le cas de Salinger.

Ce qui gêne aussi dans l’oeuvre de Salinger, c’est la noirceur de son jeune protagoniste Holden Caulfield. Ce garçon n’aime rien, il est misanthrope, critique avec ses profs et les adultes en général, hostile à ses copains d’université… Seule sa petite soeur Pheobé trouve grâce à ses yeux, et il la couvre d’un amour touchant. Mais je me suis souvent demandé tout au long de cette lecture ce qu’on pouvait trouver d’excitant dans le récit de ce gamin à la dérive. Ce garçon immature qui se cherche, n’aime rien de ses études, de son environnement, et qui vibre à peine pour le sexe opposé, est particulièrement rébarbatif. Surtout, il n’a aucune vision d’avenir, si ce n’est de vivre dans une cabane isolée au Canada.

Il y a là assurément un choc de caractère, mais le défaitisme de ce môme m’a particulièrement exaspéré. En tout cas, je suis affligé que ce livre soit une référence dans les cours de littérature. Maltraiter la langue de cette façon est une pitié. Cela ne peut pas susciter mon approbation, quelle que soit la pureté des intentions de l’auteur.

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