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Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait…

Posted by Bernard on septembre 23, 2020 in Accueil, Cinema |

Après le littéraire « Mademoiselle de Joncquieres », le très sensible Emmanuel Mouret continue à explorer les rives de la relation amoureuse, et notamment ce petit territoire bavard qu’est le marivaudage, autrement dit, tout ce que le désir et l’amour suscitent chez l’être humain dans la parole et l’échange. Une fois de plus, c’est un langage très écrit, très dense, pétillant d’intelligence, et sans doute moins naturel de nos jours qu’au temps de l’amour courtois. Mais, une fois la chose acceptée, comment ne pas se laisser emporter par ces récits amoureux que deux étrangers se font l’un à l’autre, dans un relâchement total de toute pudeur et distanciation ? C’est subtil et d’un naturel totalement confondant au point que le spectateur se laisse happer dans une douce complicité avec ces personnages pour rentrer dans leur intimité et se laisser balloter à leur suite dans les tourments de l’amour partagé-non-partagé-trompé-oublié-renaissant. J’ai personnellement adoré…

Pour mettre ces sentiments en musique, le réalisateur a réalisé un très beau casting, même si le choix de Vincent Macaigne, brut, barbu et toujours aussi lunaire, n’était pas consensuel. Mais les filles sont extraordinaires dans leur jeu. Elles sont toutes lumineuses, et donnent corps à l’idée que les femmes sont souvent les maîtresses de ce jeu vibratoire où leur sensibilité leur donne souvent un coup d’avance. Une mention spéciale à Emilie Dequenne dans le rôle de la femme bafouée qui va rétablir la situation par un incroyable don de soi. Son regard de femme amoureuse est d’une telle intensité que le spectateur masculin de la scène tombe totalement sous le charme. Sa déclaration d’amour est transcendante et laisse sans voix. Quel beau personnage !…

La scène finale est belle et fait penser à la chanson de Brassens « Les passantes »… Toutes ces relations qu’on a laissé passer, et qui restent seulement des souvenirs. Emmanuel Mouret est un esthète de la relation amoureuse. Toute référence à Eric Rohmer serait réductrice. Mouret nous donne simplement du plaisir en nous replongeant dans les affres de la rencontre et de la naissance du sentiment amoureux. Après tout, cela reste la période de la vie la plus stimulante… Il peut continuer sur ce registre, je continuerais à vibrer avec lui et ses personnages. C’est d’ailleurs la même motivation qui a été à l’origine de mon premier roman « le Collectionneur Amoureux ».

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