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Du bonheur à la pelle

Posted by Bernard on septembre 3, 2020 in Accueil, Mes lectures |

Que ferions-nous si nous avions la possibilité de reprendre notre vie d’adulte à zéro, revenir à nos vingt ans ? Referions-nous les mêmes choix ? A cette question, Marilyse Trecourt, auteur prolixe dans le registre « feel good » s’efforce de répondre avec un roman d’anticipation, « Le bonheur est un papillon ». Sympathique et bien léché. L’auteur que je ne connaissais pas a une superbe capacité à croquer la vie dans les menus détails du quotidien. Elle sait raconter une histoire, nous associer au destin de ses personnages et nous embarquer dans une aventure peu banale, (re)vivre dans un deuxième monde parallèle, avec la possibilité de revenir dans le monde d’origine. Pourquoi pas après tout ? On sent que l’auteur a profité de ce scénario pour reprendre les rails semble-t-il communs à ses nombreux ouvrages, à savoir donner, l’air de rien, des conseils de vie, mettre le lecteur dans un petit cocon ouaté où il se sentira bien. Un livre qui dans son titre comprend le mot « bonheur » a nécessairement de grandes ambitions. 

Autant l’avouer, je n’ai guère été emballé par cette lecture qui a été rendue possible grâce à Babelio. Je ne veux pas dire du mal de ce livre qui est d’une grande fraîcheur, avec une dose de naïveté qui lui donne un goût particulier. Cette littérature a assurément…

… une utilité dans un monde cynique où les best-sellers sont le plus souvent la retransmission d’un monde ardu, violent et sans tendresse. Marilyse a, en plus, un vrai talent. J’ai été bluffé, d’ailleurs, par la façon qu’elle a de retomber sur ses jambes en fin de roman.

Mais trop de bonnes intentions ne sont pas le reflet de la vie. Les mésaventures qui s’accumulent dans la seconde vie de Thomas semblent juste là pour créer un suspense sur le fait qu’il reste ou non dans cette seconde vie. Certains passages sont hélas tellement pavés de bonnes intentions que les mots sonnent creux. En tout cas, ils ne me touchent pas, alors que je crois avoir une sensibilité supérieure à la moyenne. Les sentiments dans leur micro-quotidien se cultivent moins facilement que les grandes envolées du coeur. Ah que j’aimerais lire un livre de Marilyse où elle-même se mettrait en danger en sortant de sa zone de confort ! 

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