
Je suis allé voir ce film pour retrouver l’esprit du Chemin que j’ai eu le plaisir de fouler par deux fois. Ce film est une réussite !…
La réhabilitation par la marche est apparemment une solution utilisée pour « remettre sur le chemin » des jeunes qui sont totalement égarés, en colère contre la société ou contre eux-mêmes. C’est assurément la meilleure idée qu’on ait eu, car quel meilleur cicatrisant de l’âme que la randonnée, cet état où l’on redevient un bipède tout simple préoccupé par ses seuls pas, avec la seule fixation de boire et de manger. Ah oui… j’oubliais le plus essentiel : laisser son esprit vagabonder, se laisser embarquer dans la beauté des paysages et communier avec la nature, le froid et le chaud, la pluie et la sécheresse… Revenir à une vie toute simple, loin des sollicitations du monde…
Dans le film, Adam, jeune rebelle, a du mal à accepter cette punition, mais il se fait petit à petit à cette vie nomade avec sa tuteure Fred, jouée par Alexandra Lamy tout en finesse et en émotions. Le film est surtout l’histoire de la confrontation entre ces deux-là, avec le Chemin de Compostelle en filigrane qui dispense des cartes postales épatantes. Rien que pour la magie de ces images, le film vaut le déplacement. On en aurait voulu davantage d’ailleurs…
Le jeune Adam est bien dans son rôle, cyclothymique à souhait, mais somme toute attachant. Surtout, ce que j’ai apprécié, c’est d’avoir su capter cette ferveur qui s’empare du marcheur dans un contexte marqué, qu’on le veuille ou non, par une emprise de la foi, ou du moins d’une réelle spiritualité. C’est là le secret du Chemin, être marqué par une sorte de grâce, se sentir en dehors de soi, s’abandonner à une force supérieure. Cela devient même une drogue de l’âme, si bien que, parvenus à St Jacques, beaucoup en redemandent.
C’est en tout cas une vraie victoire intime que d’aller au bout du périple. Le film le traduit bien… Un film touchant et intimiste… Tout ce que j’aime.
