Du Luchini pur jus…

La lecture de Victor Hugo par Fabrice Luchini est un tel enchantement que je comprends qu’un réalisateur ait essayé de capter sur la pellicule les images de son spectacle et de broder un scénario autour. Il ouvre tellement de diversions dans son spectacle qu’on peut toujours tirer un petit bout de laine qui dépasse, démêler toute la bobine et en tirer une histoire.

« Victor comme tout le monde » est un exercice de l’ordre de la facilité scénaristique. Un réalisateur qui s’est mis en tête de mettre notre vibrionnant récitant de poèmes dans les pas du grand poète Hugo. Y compris dans sa vie privée, compliquée, avec un amour pour sa fille qui ne s’exprime guère, sauf quand celle-ci menace de se noyer et de suivre le même triste destin que la fille du poète.

Autant le dire, l’histoire est fantaisiste et presque anecdotique. Le film n’a pas d’autre objectif que de laisser Luchini en roue libre, dans ce qu’il fait le mieux : partager l’amour de la littérature de son verbe très sûr. Donner des émotions au spectateur. Lustrer et polir chaque mot d’un texte bien ciselé. Soit en un mot devenu langage courant : faire du Luchini…

Cela tombe bien, j’adore. Je vous rappelle d’ailleurs ici le commentaire enthousiaste que j’avais fait de son spectacle. Mais tout cela est un peu court pour faire un film. Restent quelques scènes gourmandes avec trois jeunes actrices sachant bien lui donner la réplique. Un bon divertissement et quelques scènes d’un spectacle étincelant…